La famille d’aujourd’hui n’est plus la même que celle d’il y a 50 ans. À la «famille traditionnelle» se sont ajoutés d’autres modèles familiaux. Aujourd’hui, il existe des familles monoparentales, recomposées, arc-en-ciel alors que, parallèlement, les ménages d’une seule personne ont augmenté. Le grand défi de ces prochaines décennies sera de pouvoir concilier son activité professionnelle avec sa vie familiale.

Avoir la flexibilité de pouvoir allier son job avec sa vie de famille, c’est devenu le souhait majoritaire de la plupart des employé-e-s. En effet, aujourd’hui 80% des femmes travaillent mais doivent cumuler d’autres tâches. Par exemple, elles doivent s’occuper de leur ménage, de leurs enfants et, de plus en plus, de leurs parents. Ne faudrait-il pas dans ce contexte repenser la politique familiale d’une manière plus globale en y intégrant l’ensemble du couple?

Réel besoin d’infrastructures d’accueil

Si la liberté individuelle doit primer, les différentes tâches familiales ainsi que l’exercice de l’activité professionnelle ne sont pas l’apanage d’un sexe en particulier. Cela permettra à de nombreuses mères d’assumer aussi des responsabilités professionnelles de haut niveau et de ne pas être prétéritées en cas de divorce (les divorces, dont le taux avoisine 41% en Suisse, appauvrissent plus la femme que l’homme).

De plus, si nous souhaitons mettre plus en valeur les compétences féminines, absolument nécessaires sur un marché du travail où la main-d’oeuvre qualifiée est devenue rare, il devient urgent de créer les conditions-cadres qui accompagnent ce retour sur le marché du travail. De quoi parlons-nous? D’une augmentation du nombre de structures d’accueil pour les âges préscolaire et scolaire, d’incitations financières pour les familles à plus utiliser les structures d’accueil (qui représentent un coût important) ou encore d’incitations fiscales afin de permettre aux deux parents de travailler. 

À quand une politique intergénérationnelle?

Nous souhaiterions aussi mettre l’accent sur un autre élément: la politique intergénérationnelle. Souvent, quatre générations cohabitent car nous sommes entrés dans une société de longue vie. L’espérance des 64/65 ans est de plus vingt ans et ces personnes sont en bonne santé.

Les compétences des aînés doivent être mises au service de la société afin que l’on développe une solidarité intergénérationnelle dont les plus jeunes pourraient être les grands bénéficiaires. Notre société a un défi: celui de ne pas fabriquer une société d’exclus. Il faudra apprendre à trouver sa place dans une société à quatre générations et promouvoir les échanges et le partage dans l’accueil de la diversité.

S’informer par les nouvelles technologies

Enfin, signalons un autre changement important: celui du mode de transmission de l’information à l’intérieur des familles. Autrefois, les sources d’information des enfants venaient principalement de l’entourage familial et de l’école. Aujourd’hui s’est ajoutée (ou superposée) une nouvelle source d’information et de communication: celle des médias sociaux.

Les parents comme les enfants doivent apprendre à maîtriser cette technologie mais il est évident que celle-ci influence les rapports sociaux. Il ne s’agit pas de se prononcer sur cette évolution: elle existe, tout simplement. En revanche, il est important d’en être conscient et d’en maîtriser les paramètres. La famille reste le ciment de notre civilisation. Elle a simplement évolué à l’image de notre société.

Texte Dr Philippe Gnaegi, Directeur Pro Familia Suisse 

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