À l’heure où les problématiques liées au développement durable deviennent centrales dans la croissance des villes, il s’agit de mettre en place des solutions efficientes. Dans cette optique, la technologie des objets connectés a un rôle clé à jouer. Car pour un développement urbain alliant croissance et écologie, il faut pouvoir mesurer et contrôler finement les infrastructures citadines.

Dans la course au développement durable, les villes intelligentes constituent un objectif de première importance. Ce vaste terme, fait référence au développement urbain intégrant des technologies permettant d’optimiser l’efficience énergétique des infrastructures. Dans ce sens, l’internet des objets représente un atout de taille. On peut d’ailleurs déjà constater que de nombreuses villes ont commencé à utiliser cette technologie. Notamment pour mieux gérer et contrôler leurs infrastructures. Aux quatre coins du globe, les villes intelligentes voient donc progressivement le jour.

Si la course au smart cities est lancée, c’est parce que les villes ne sont pas encore «intelligentes». Et les exemples ne manquent pas. Par exemple, de nombreux automobilistes à la recherche d’une place de parc congestionnent le trafic routier des centres urbains. De plus, l’éclairage des places publiques et de nombreux bâtiments institutionnels fonctionne alors que souvent la lumière naturelle est suffisante. Autre exemple, la gestion des déchets fonctionne encore sur un système de relève hebdomadaire alors que les containers sont parfois quasiment vides ou, au contraire, débordent. De manière générale, le fonctionnement des villes est encore majoritairement basé sur d’anciens systèmes.

Prendre le pouls des villes

Pour moderniser et améliorer ces aspects, la ville intelligente doit globalement se baser sur une vision organique des organisations urbaines. Plutôt que d’appliquer des méthodes fonctionnelles mécaniques, il s’agit désormais de prendre le pouls des villes. C’est à dire de les comprendre et connaître plus finement. Objectif: intervenir au bon moment, de la bonne manière et avec les bonnes infrastructures et les bons moyens.

Pourquoi un tel besoin de précision? Car en considérant les problématiques écologiques, économiques et énergétiques, le gaspillage n’est tout simplement plus permis. Exemple avec le ramassage des déchets ménagers. Les camions qui effectuent leurs rondes de manière régulière, en se basant sur un calendrier préétabli, utilisent d’inutiles ressources énergétiques tout en contribuant à congestionner le trafic routier. L’internet des objets permet justement de résoudre ces problèmes. Comment? Par exemple en munissant les containers de déchets de capteurs indiquant leur niveau de remplissage. Ainsi, en étant informés en tout temps, les professionnels responsables de cette tâche savent exactement quand une ronde de ramassage s’avère nécessaire. Résultat: moins de perturbations de la circulation et moins d’utilisation de carburant.

En matière de circulation routière, d’autres dispositifs dits «intelligents» peuvent par ailleurs être intégrés au sein des agglomérations. C’est d’ailleurs le cas dans quelques villes, notamment pour améliorer la problématique du parcage. Car sans savoir où se situent les places disponibles, les automobilistes qui congestionnent le trafic en roulant lentement sont nombreux. La solution? Des capteurs intégrés sur les places de parking. En étant connectés à une application mobile disponible sur smartphone, ces derniers informent les conducteurs des emplacements libres. Ainsi, on limite les embouteillages et le gaspillage de carburant.

En considérant les problématiques écologiques, économiques et énergétiques, le gaspillage n’est tout simplement plus permis.

Exemple asiatique

Parmi les bons élèves en matière de villes connectées, on peut notamment mentionner Shanghai, la plus grande mégapole de Chine. On associe souvent le pays à d’importants problèmes urbains en raison de la densité de sa population, par exemple pour les questions liées à la qualité de l’air. Mais certaines zones citadines sont de véritables viviers technologiques. Shanghai a d’ailleurs commencé à utiliser la technologie de l’internet des objets en 1999 dans le but de pouvoir gérer sa croissance. Dans un premier temps, cela a notamment permis à la mégapole d’optimiser le fonctionnement de ses transports publics et leur utilisation par ses habitants.

Il y a quelques années, en 2015, Shanghai a par ailleurs lancé un projet des plus novateurs pour améliorer la gestion de la demande énergétique. Le principe: un système informe les utilisateurs commerciaux d’électricité des moments durant lesquels la demande en énergie atteint son maximum. En retour, les utilisateurs sont récompensés s’ils parviennent à réduire leur consommation de manière temporaire durant ces pics.

Éteignez la lumière!

Autre problématique des villes durables, l’éclairage. Qu’il s’agisse des zones publiques ou encore des bâtiments, il faut constater qu’une quantité importante d’énergie pourrait être économisée à l’aide de systèmes plus intelligents. Aujourd’hui, les systèmes en vigueur fonctionnent pour la plupart sur un simple horaire qui prévoit les périodes durant lesquelles les éclairages doivent fonctionner ou rester éteints. Souvent, on peut s’apercevoir que les éclairages fonctionnent alors que la lumière du jour s’avère déjà suffisante ou encore quand personne ne se trouve dans les zones éclairées.

Plusieurs dispositifs technologiques peuvent ainsi être intégrés dans l’optique de réduire cette consommation inutile d’électricité. Par exemple en utilisant des capteurs sensibles à la lumière ambiante qui peuvent déclencher l’éclairage en fonction du contexte lumineux. En Suisse, certaines communes ont même innové en allant plus loin avec des systèmes de détection de personnes. Éteints durant la nuit, les lampadaires de certains quartiers s’illuminent au passage des piétons, cyclistes ou automobiles, pour ensuite s’éteindre à nouveau.

Progrès à venir

Si les villes intelligentes semblent parfois tarder à se développer, il faut cependant savoir que l’implémentation de dispositifs connectés prend un certain temps. Car l’entreprise s’avère laborieuse, notamment en raison du changement important qu’elle représente pour les multiples acteurs concernés. Ainsi, les collectivités devraient opter pour des intégrations progressives, en commençant par les compétences dont elles disposent déjà telles que l’optimisation de la gestion des réseaux urbains, l’information en temps réel sur les déplacement ou encore le stationnement et l’éclairage public. Autant de possibilités techniques qui, en permettant de bénéficier d’un retour sur investissement rapidement mesurable, séduisent toujours plus d’agglomérations.

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