Les méthodes actuelles permettant d’investir des fonds privés sont-elles sur le point d’être remplacées par des «robots-conseillers»? Swissquote Banque en est profondément convaincue. Cela fait plus de huit ans que la compagnie a lancé une prestation digitale de gestion d’actifs. D’ailleurs, son «Robo-Advisor» se destine à une large clientèle. Interview avec le Dr Serge Kassibrakis, Head Quantitative Asset Management de la Banque Swissquote 

Quels sont les principaux moyens dont dispose actuellement l’investisseur privé pour placer son argent en bourse?

Il y a les deux moyens qu’offrent toutes les banques à leurs clients qui ne veulent pas un compte d’épargne. D’une part, l’investisseur peut acheter des actions, des obligations, etc., en suivant les conseils de la banque. C’est le client qui décide ce qu’il veut acheter ou vendre. La banque va simplement gérer le dépôt de titres.

D’autre part, dans la gestion de fortune active, la banque dispose d’un mandat de gestion du client. Elle va donc acheter et vendre des titres en suivant la stratégie d’investissement qui aura été définie avec son client. Enfin, il y a le moyen moderne. Les sites de trading en ligne sont apparus il y a une dizaine d’années avec internet. Là, le client achète et vend ses titres quand il veut. Ici, le client est directement mis en relation, via la plateforme et internet, avec les places boursières. Mais la situation actuelle évolue très rapidement!

Pour quelles raisons?

La révolution technologique engagée par internet permet de mettre à la disposition des clients des algorithmes qui étaient jusqu’ici réservés aux professionnels. Ces algorithmes permettent de constituer et de gérer des portefeuilles automatiquement. C’est ce qu’on appelle les «robot-conseiller» ou aussi les «robo-advisor»). Plusieurs banques aux Etats-Unis, en Europe et en Suisse ont développé ces systèmes qui permettent une gestion d’investissements digitale et automatisée. 

Quels sont les types de «robo-advisor»?

Le premier groupe de «robo-advisor» existe déjà depuis quelques années. Sur la base d’algorithmes financiers, ils permettent de proposer des «stratégies d’investissement préprogrammées». Chacune est liée à un «portefeuille-type» (comprenant des titres différents) qui correspond à une série de critères précis («paramètres»). Ainsi, après avoir répondu à dix questions destinées à cerner ses objectifs de placement (secteurs industriels, types de titres, rendement escompté, etc.) et le niveau de risque qu’il est prêt à assumer, le client se verra proposer l’un des portefeuilles-types parmi les dix qui ont été élaborés par la société financière ou la banque.

Sur son décompte, le client voit le détail des titres (ce qui n’était pas le cas avec le fonds de placement que proposait le conseiller bancaire: là, le client achetait les parts du fonds, mais il ne voyait jamais ce que le fonds contenait). La gestion du portefeuille du client va se faire de manière autonome: une fois la stratégie définie, l’achat des titres se fait automatiquement. Dans ce cas, l’investisseur ne peut pas «intervenir» pour vendre ou acheter des titres. Par contre, il est, bien sûr, régulièrement informé de l’évolution du montant de son portefeuille titres.

Et le second groupe?

Le premier groupe de «robo-advisors» peut être qualifié de «global» (dans la mode, ce serait le «prêt à porter») car le portefeuille (ou fonds) A aura le même contenu de titres pour chaque client. En revanche, le second groupe des «robots-conseillers» sera celui du «fonds personnel» ( ce serait le «sur mesure»). Avec son «Robo-Advisor», la Banque Swissquote offre à ses clients un gestionnaire d’actifs électronique qui crée un portefeuille d’investissement personnalisé et le surveille 24h/24 pour maintenir le niveau de risque défini par le client. C’est une gestion d’actifs électronique qui est simple, performante, transparente, permanente et d’un coût tout à fait abordable.

Pourquoi proposer un «fonds personnel»?

Tout simplement pour que le client puisse créer son fonds de manière 100% personnelle! Nous lui proposons de paramétrer tout ce qui est important pour lui (secteurs économiques favoris, devises, type de titres, niveau de risque toléré, etc.), et grâce à notre interface très conviviale, chacun peut facilement donner ses propres paramètres et ainsi créer son fonds personnel.

Ensuite, les algorithmes sophistiqués et les capacités informatiques de la plateforme technologique de Swissquote vont sélectionner les titres (parmi les milliers qui existent) qui correspondent aux paramètres définis par le client, et ainsi générer des suggestions pour le portefeuille idéal: notre modèle est avant tout conçu pour simplifier la vie de nos clients! Et qui peut mieux gérer votre patrimoine que vous-même?

Dr Serge Kassibrakis

La révolution technologique engagée par internet permet de mettre à la disposition des clients des algorithmes qui étaient jusqu’ici réservés aux seuls professionnels.

Dr Serge Kassibrakis, Head Quantitative Asset Management de la Banque Swissquote
Quels types de titres peuvent être alloués aux fonds ainsi créés?

Nous avons les actions, les ETF (exchange traded funds, qui sont des fonds liés à des indices boursiers), les parts de fonds de placement, les matières premières, les fonds de placement immobiliers (bientôt disponibles), la crypto-monnaie et les liquidités (mais nous n’avons pas les titres des sociétés non cotées en bourse). Et nous allons bientôt élargir cette gamme de vecteurs d’investissement. Plus le montant investi est élevé, plus le client se verra proposé un accès plus grand et détaillé aux différents types de titres de placement.  

Qu’en est-il des risques et de la performance?

La particularité de nos portefeuilles gérés par notre «Robo-Advisor» réside dans le contrôle en permanence du niveau de risque défini par le client. D’ailleurs, le«Robo-Advisor» fait, si nécessaire, la correction (par des ventes et/ou achats de titres). Mais, en tous les cas, la stratégie choisie par le client est toujours respectée.

Ceci dit, Swissquote Banque peut pas être rendue responsable d’éventuelles pertes sur le montant déposé par le client, à l’instar de toutes les banques qui gèrent des fonds. Nous ne pouvons évidemment donner aucune garantie de performance quant à celle d’un portefeuille, celle-ci étant tributaire de l’évolution des places boursières dans le monde.

Cependant, nous pouvons garantir les moyens mis en œuvre, comme la gestion du risque. De plus, les algorithmes de Swissquote sont reconnus. En effet, en 2016, Reuters a décerné le prix Lipper au Fonds Swissquote.

À qui s’adresse votre gestion de fortune digitale avec le «Robo-Advisor»?

Avec cette nouvelle prestation, nous nous adressons aux personnes qui veulent prendre en main la gestion de leur portefeuille, sans intervention d’autres personnes, tout en profitant des avantages que notre système offre. Concrètement, nous ciblons une clientèle qui dispose d’au moins 10 000 CHF à investir, idéalement entre 20 000 et 30 000 CHF. Ce sont des clients qui ont envie d’avoir une gestion algorithmique de leur fonds et de pouvoir aussi la contrôler. Notre prestation permet de définir des paramètres qui s’affinent en fonction du montant qui est investi (paramètres définis par niveau). Actuellement, le montant moyen investi est de 50 000 CHF. 

Quels sont vos frais de gestion?

Nous pratiquons le système «all in fee» à environ 1,2% du montant investi. C’est donc très intéressant et abordable pour l’investisseur privé. De plus, la tendance est à la baisse. Notre site internet donne tous les renseignements nécessaires.

Vous parlez de robots financiers et d’algorithmes. Et l’humain dans cette évolution alors? Comment sera la banque de demain?

L’humain n’a et n’aura pas disparu, rassurez-vous! En effet, il est aussi possible d’utiliser notre prestation de «Robo-Advisor» sous la forme «hybride», autrement dit en en discutant avec son gestionnaire de fortune ou son conseiller bancaire qui disposera de notre prestation. Et grâce aux stratégies accessibles avec Swissquote Banque, ce dernier pourra encore mieux conseiller son client sur les stratégies envisageables en fonction de ses critères.

Je pense que cette forme «hybride» se développera très rapidement dans les banques, dans les cinq ans à venir. Car ces institutions financières ont tout intérêt à ce que leurs gestionnaires de fortune disposent d’outils efficaces. Ainsi ils peuvent proposer davantage de stratégies d’investissement pour conseiller leur clientèle et assurer une bonne rentabilité.

Texte Jean Louis Emmenegger

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