Après avoir grandi dans le monde fabuleux du cirque, Géraldine Knie élève aujourd’hui ses trois enfants dans le même univers. Pour la directrice, vie artistique et familiale sont intimement liées. Cette année, Knie célèbre par ailleurs ses 100 ans. L’occasion pour la passionnée de chevaux de retourner sur la piste pour un nouveau numéro après une pause l’année dernière afin de s’occuper de Maycol Jr, son dernier enfant. 

Figure incontournable du cirque, Géraldine Knie incarne la sérénité qui habite les personnes vivant de leur passion. Entre artistes, numéros et animaux, la maman Knie entraîne sa troupe et ses enfants dans son art. A l’occasion de ce cahier spécial dédié aux thématiques de la famille, elle nous raconte sa philosophie de vie et la manière dont elle conjugue métier, passion et cercle familial. Interview.

En ayant toujours grandi et vécu au sein d’une famille d’artistes, racontez-nous ce que vous retenez de votre enfance dans ale monde du cirque. 

C’est avant tout une grande chance. Pour ma part, je me suis toujours sentie très chanceuse d’avoir pu grandir dans cet environnement artistique. C’est vraiment un honneur pour moi. Depuis toute petite j’ai ainsi été immergée et baignée dans une ambiance et un monde au sein duquel passion et travail ne font qu’un. Mon père et mon grand-père m’ont mise à cheval toute petite. J’ai certainement su monter avant de marcher (rires). Ce sont de très beaux souvenirs. Et j’effectuais mon premier tour de piste alors que j’étais âgée de 4 ans, comme mon père en 1951. C’est donc une tradition familiale qui se perpétue et à laquelle nous sommes bien sûr profondément attachés.  

Vie familiale et vie d’artiste sont donc compatibles?

Oui bien sûr. Pour moi ça ne fait aucun doute dans le sens où j’ai toujours connu cela. Au sein d’une famille, en particulier lorsque l’on évolue dans le monde artistique du cirque, nous sommes amenés à nous serrer les coudes, à nous entraider et à grandir ensemble. C’est une magnifique expérience. Plus que compatibles, je dirais même que pour nous la vie de famille et la vie d’artiste sont indissociables. Dans ce sens, grandir dans cet environnement représente une force et un lien qui nous unit encore plus. 

Vous êtes passionnée par cette vie artistique depuis votre plus jeune âge. Avez-vous parfois voulu faire autre chose?

Non. Cela a toujours été très clair pour moi. Comme une évidence en réalité. Depuis toute petite je rêvais de faire de cette vie artistique mon métier. Et comme vous le savez j’adore les animaux. Mes numéros avec les chevaux me permettent donc de me réaliser pleinement, tant sur le plan professionnel que personnel. Durant toute ma carrière, je ne me suis en effet jamais vue faire autre chose. 

Vous avez également pu transmettre cette passion du crique à vos enfants.

Oui c’est exact. Comme moi, mes enfants grandissent dans cet univers si particulier du crique. Et le monde artistique les comble également. Mon fils aîné, Ivan, âgé de 17 ans, a son propre numéro de dressage équestre. A 7 ans, notre fille Chanel est également sur cette voie. Elle a d’ailleurs commencé très tôt, dès l’âge de 3 ans. Quant à Maycol Jr, notre petit dernier, il va bien sûr grandir lui aussi dans cet environnement artistique. 

La vie d’artiste, dans le milieu du cirque en particulier, est surtout faite de déplacements, de voyages et de représentations. Comment faîtes-vous pour conciliez-cela avec l’école par exemple?

Nous avons la chance de pouvoir scolariser nos enfants dans l’école du cirque qui nous suit durant toute la saison artistique. Les enfants de l’ensemble des collaborateurs du cirque y sont d’ailleurs scolarisés. Et à l’approche de l’hiver, une fois la saison terminée, ils retournent à l’école qu’ils fréquentent à Rapperswil. 

Avez-vous le sentiment qu’une vie plus «classique» leur manque parfois?

Non, au contraire. Lorsque la saison se termine et qu’il est temps de retourner à l’école plus «classique», mes enfants traversent toujours une petite période un peu triste. C’est bien la vie du cirque, le mouvement ainsi que les

Nous avons la chance de pouvoir scolariser nos enfants dans l’école du cirque qui nous suit durant toute la saison artistique.

Géraldine Knie

représentations et spectacles qui leur manquent le plus entre les saisons.

Un sentiment que vous partagez également?

Oui, clairement. A la fin de chaque tournée, après avoir vécu durant plusieurs mois ensemble, le moment de nous séparer est toujours une vraie déchirure. Pendant la saison on vit ensemble, on donne tout durant nos spectacles ensemble également. Ce qui représente 8 mois par année à vivre très proches les uns des autres. Au sein du cirque, nous sommes plus de 200 à travailler ainsi, en partageant le même objectif. Et chacun compte sur le travail de l’autre pour pouvoir faire le sien. C’est une manière unique de collaborer, qui dépasse le cadre plus classique du travail ordinaire bien entendu. Bien sûr, il nous faut en même temps savoir respecter l’intimité de chacun quand cela s’avère nécessaire. Cette proximité en continu explique pourquoi les collaborateurs qui évoluent au sein de Knie forment avant tout une grande famille. Lorsque la fin de la saison approche et qu’il est temps de repartir chacun chez nous, tout le monde en souffre évidemment. Mais ensuite, à l’arrivée de la prochaine saison, l’excitation revient vite et tout recommence.

Le cirque est-il une bonne école de la vie?

Je pense que oui. La vie d’artiste, avec tout ce qu’elle implique, forge le caractère et nous prépare à affronter différents types d’épreuves. Ce n’est pas seulement une question d’entraînement ou de gestion du stress. Ce sont aussi et surtout les liens que nous développons et qui nous unissent, nous permettant ainsi de nous renforcer et d’aborder la vie de manière sereine. Le fait de voyager, de savoir s’adapter constamment et de découvrir des endroits différents et d’autres personnes constitue aussi une grande richesse, qui se répercute notamment dans le cercle familial. 

En tant que directrice de Knie et mère de famille, vous êtes en quelque sorte une double maman. Comment assumez-vous ce rôle?

C’est vrai que le crique, en tant que grande famille, demande aussi une vraie implication. Pour ma part j’aime être attentive et à l’écoute des collaborateurs et artistes qui évoluent au sein de Knie. C’est un plaisir d’être là avec et pour eux. Je le vis donc très bien car c’est un rôle qui s’avère tout à fait en accord avec qui je suis et la manière dont je fonctionne et vois les choses. 

Vous avez aussi rencontré votre mari dans cet univers. Est-ce parfois compliqué de vivre avec un mari artiste et collègue?

Non. Je le vois surtout comme une chance. Nous formons autant un couple qu’une équipe dans le cadre de notre travail. Nous partageons la même vision et conception de la famille et de la vie, et nous vivons tous les deux de notre passion. En gros nous sommes sur la même longueur d’ondes et le fait de vivre et travailler ensemble au sein du cirque s’avère naturel pour nous. Maycol était âgé de 7 ans lorsqu’il faisait ses premiers pas sur la piste du cirque familial Errani, fondé par son grand-père, dompteur de lions. Avant notre rencontre, nous étions donc déjà habitués à cette vie. Le fait de la continuer ensemble dans ce même cadre constitue plutôt une suite logique à nos yeux.

Cette année Knie fête ses 100 ans. Vous revenez pour cette occasion avec un nouveau numéro?

Oui. Après une année de repos en 2018 suite à la naissance de notre petit dernier, je reviens cette année pour le Jubilé. Je continue dans le domaine du dressage équestre bien sûr. Mais je ne vous en dirai pas plus (rires), car c’est à découvrir dans le spectacle.

SMART FACT: Cette année Vincent Kucholl et Vincent Veillon se produisent en Suisse romande avec Knie. La pré-vente est déjà ouverte sur www.ticketcorner.ch

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