Président d’Innosuisse, l’agence helvétique pour l’encouragement de l’innovation, André Kudelski entend renforcer les liens entre les HES, les universités et les entreprises. En même temps, la plateforme collabore aussi avec le Fonds national et s’efforce de favoriser l’accès au financement pour les institutions académiques du pays. Interview. 

Pour les personnes qui ne connaîtraient pas Innosuisse, expliquez-nous de quoi il s’agit exactement.

En tant qu’agence suisse pour l’encouragement de l’innovation, Innosuisse soutient les projets novateurs qui sont menés avec des PME en collaboration avec les institutions académiques et les centres de recherche.

Notre principal objectif consiste à permettre aux PME et autres acteurs économiques de bénéficier et d’accéder à la recherche scientifique entreprise dans nos différentes universités et HES. Nous opérons donc en tentant de bâtir le maximum de ponts entre les besoins émanant de la réalité économique et les découvertes et avancées réalisées au sein de la sphère académique.

Vous agissez aussi directement auprès des institutions de recherche sauf erreur?

C’est exact. Notre activité vise à favoriser les capacités d’innovation des PME. Mais, en parallèle, nous permettons également aux universités et HES d’accéder aux financements nécessaires à la réalisation de leurs projets de recherche. Ceci, dans la mesure où ces derniers engendrent un impact économique pour les entreprises.

En somme, il s’agit d’entretenir une alchimie complète entre tous les acteurs impliqués dans l’innovation de manière générale. 

Globalement, quels sont les domaines principaux pour lesquels Innosuisse s’implique?

Nous favorisons tous les domaines d’activité présents au sein du tissu industriel ou dans les institutions de recherche. Mais globalement, il existe quelques axes forts. Ces derniers sont voulus par le Parlement et concernent notamment les problématiques énergétiques ainsi que les nouveaux services numériques. Ces deux domaines s’avèrent d’ailleurs complémentaires. Dans la pratique on voit en effet apparaître des solutions et produits digitaux permettant d’améliorer les questions d’efficience énergétique. 

Parlez-nous du programme BRIDGE, que vous menez également en collaboration avec le Fonds national suisse.

Le programme BRIDGE accélère les collaborations entre les acteurs de la recherche fondamentale et appliquée ainsi que les entreprises. C’est en effet un programme développé en commun par Innosuisse et le Fonds national suisse (FNS). Nous proposons ainsi deux offres d’encouragement qui s’adressent à des chercheurs jeunes ou expérimentés. Le programme Proof of Concept permet aux jeunes chercheurs de développer la mise en oeuvre d’une première expérience de recherche. Une étape clé avant une éventuelle commercialisation. Aux chercheurs expérimentés, le programme Discovery offre la possibilité de développer une solide expérience ou une idée claire d’innovation. Cela permet donc de consolider les bases scientifiques d’un projet déjà abouti avant d’envisager sa mise en oeuvre.

Quelles sont les principales directions qu’entend prendre Innosuisse pour l’avenir?

Nous comptons développer deux axes principaux. D’une part, nous souhaitons renforcer l’internationalisation des projets menés sur le territoire helvétique afin d’en accroitre les débouchés. D’autre part, nous voulons soutenir des projets à fort potentiel. Nous voulons nous focaliser sur des projets plus risqués qui, en cas de succès, pourraient générer un retour sur investissement potentiellement attractif. 

Et quels défis ou challenges majeurs identifiez-vous par rapport à l’avenir en matière d’innovation au sens large?

Un des principaux défis concerne clairement la flexibilité. Dans un contexte économique et social en constante évolution, il faut faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. Qu’il s’agisse des technologies ou encore des modèles d’affaires, il faut anticiper au mieux la nouvelle donne, notamment digitale. Ceci, afin de laisser la place nécessaire à l’émergence de modèles et paradigmes novateurs. Outre le digital, on pense aussi à l’intelligence artificielle, au big data, à la technologie et aux services de la blockchain mais aussi aux progrès dans le domaine de la médecine ou encore des biotechnologies. Autant de secteurs au sein desquels la Suisse se profile de manière réfléchie et performante, notamment grâce aux forts liens qui unissent ses acteurs académiques et économiques. 

Advertentie