L’économie suisse s’est renforcée suite à la crise financière de 2008. Cette performance mérite d’être reconnue. Néanmoins, entre-temps, les nouveaux arrivants numériques, d’Alibaba jusqu’aux GAFA, se sont développés en multinationales, le smartphone a changé le monde et l’économie de plateforme fait son entrée dans l’économie. Dans le prochain chapitre, nous nous approchons de l’ère post-numérique. 

Cela ne signifie pas que nous revenons à un monde analogique. Au contraire, la numérisation dans tous les secteurs de l’industrie devient nécessaire au bon fonctionnement des entreprises. La question centrale de l’ère post-numérique est la suivante:

de quelle façon les différentes entreprises peuvent-elles se distinguer, si chaque commerce est numérique?

Les facteurs de différenciation

D’une part, elles peuvent se servir des technologies numériques pour élargir leur offre. Ces dernières peuvent également être employées comme facteur de différenciation, respectivement comme nouvelle source de croissance. Il s’agit, par exemple, de mettre en place des écosystèmes ou de s’y associer, de développer de nouveaux services numériques ou alors d’adapter les offres aux besoins des clients individuels. La disponibilité joue également un rôle majeur en tant que deuxième facteur de différenciation. Pour être pertinente, l’offre doit être à la disposition du client au bon endroit et au bon moment, à travers le canal opportun.

Evoluer grâce au numérique

En Suisse, de nombreuses entreprises s’occupent encore de tester des innovations au moyen de technologies numériques, mais trop rarement avec l’intention de les faire évoluer. Il existe toutefois déjà des entreprises, qui font évoluer les histoires numériques à succès. Le groupe pharmaceutique Roche, par exemple, accélère le développement de médicaments à travers la numérisation et étend son activité principale avec des nouveaux services de santé en ligne. Givaudan, la plus grande entreprise mondiale du secteur des arômes et des parfums, constitue un autre exemple de succès. Afin de mieux comprendre les besoins de ses clients et accélérer l’innovation de ses produits, Givaudan mise entre-autres sur la synthèse virtuelle d’arômes, sur des sites de production numériques et sur un écosystème de partenariat.  

Ces entreprises indiquent où se trouve la clé de la croissance et du succès futur: elles doivent faire évoluer l’innovation à partir de la phase pilote et développer de nouveaux modèles commerciaux numériques sur cette base.

Mots clés: adaptation et amélioration

Dans ce contexte, l’investissement dans des thèmes de croissance centrés sur le client est important. Les entreprises doivent poursuivre et améliorer leurs activités existantes, tout en développant et en adaptant des modèles de croissance innovants. Avec cela, les employés constituent un élément essentiel de l’équation. Le mot-clé de la formation permanente gagne en importance et doit faire partie intégrante de la stratégie de l’entreprise. 

La Suisse dispose d’un potentiel d’innovation suffisant – avec des startups et des partenaires issus de l’économie et de la recherche. Le système d’éducation prospère: universités, institutions de recherche de renommée internationale et créations d’entreprises florissantes. L’économie suisse se trouve donc en excellente position pour l’avenir. Il est grand temps que notre écosystème numérique déploie sa véritable puissance au-delà des entreprises établies et nouvelles.

Texte: Marco Huwiler, Directeur Général et responsable des services financiers chez Accenture Suisse. A partir du 1er Janvier 2020, directeur général national pour la Suisse. 

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