Digitalisation, réglementation, globalisation, nouveaux entrants, volatilité des marchés,  performance durable… les challenges auxquels doivent faire
face les acteurs de la finance sont plus nombreux et complexes que jamais. Pour maintenir sa position privilégiée et son leadership, la place financière suisse doit développer les compétences des leaders qui façonneront la banque et la finance de demain.

En période de changement les compétences acquises hier ne sont que d’un très faible secours pour relever les nouveaux challenges. Il faut, en la matière, faire sienne la citation du sociologue Michel Crozier qui écrivait:

Quand on affronte les problèmes de demain avec les solutions d’hier, on récolte les drames d’aujourd’hui.

Frédéric Kohler

Directeur de l’ISFB 

Ceci signifie que l’expertise doit prendre le pas sur l’expérience mais aussi que le leadership en fait autant sur le management.

Mais si pour les techniciens, la spécialisation et l’expertise sont désormais de mise, qu’en est-il des compétences des fonctions encadrantes ou de direction?

Capacité d’anticipation (intuition et aptitude à capter les signaux faibles), de résolution de problèmes complexes, expertise dans la gestion du changement, animation d’équipes multidisciplinaires (ou sans lien hiérarchique), prise de décision en situation d’incertitude… sont autant de qualités de leadership sur lesquelles se bâtissent aujourd’hui les performances et les croissances durables de demain.

Au cœur du système, les hommes et les femmes qui font la banque d’aujourd’hui et qui aspirent à le faire encore demain. Pour eux, deux questions restent toujours centrales:

«Comment ces éléments, souvent disruptifs, vont impacter mon quotidien professionnel?»
«Comment en tirer parti et devenir l’acteur plutôt que la victime des changements à venir?»

Pour y répondre, il faut à la fois de la lucidité et de la résilience. Lucidité quant à la nécessité de prendre conscience de l’obsolescence programmée de ses compétences et d’en gérer le cycle de vie. Résilience face à cette dégradation – transformation – de notre environnement personnel et du paradigme initial global qui exige, de chacun, un investissement continu en termes de formation professionnelle.

Heureusement ces nouvelles compétences peuvent s’acquérir. Si le leadership 2.0 ne s’enseigne pas, il s’apprend. Le succès croissant des formations postgrades universitaires (CAS, DAS ou MAS) n’est pas le fruit d’une mode. Il s’agit de la preuve de leur efficacité en la matière. C’est notamment vrai pour celles proposés par les HES (Universités de Sciences appliquées). Elles se focalisent sur le développement d’un leadership concret. Elles s’appuient en effet sur des mises en application et sur le partage d’expérience avec des intervenants externes, eux-mêmes en situation de prise de décisions stratégiques et de conduite des transformations.

On dit souvent que la banque suisse a plus changé ces 10 dernières années qu’au cours du siècle qui les a précédées. C’est sans doute vrai! Mais ce qui est certain, c’est qu’elle va changer de façon encore plus radicale dans les années qui viennent! 

Mais vous, êtes-vous prêt à conduire ces changements plutôt que de les subir?

Texte: Frédéric Kohler 

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