Percevoir ce qui n’est pas visible, sentir ce qui n’est pas perceptible, s’émouvoir d’une mélodie dans un silence paisible, sentir des parfums qui procurent un sentiment de sécurité: aucun doute possible. Noël est dans l’air. Cette porte qui s’ouvre entre le monde réel et cette ambiance chatoyante, presque magique. 

Une ambiance que l’on perçoit à Noël et pas le reste de l’année.

Seuls des yeux d’enfant, rayonnants et innocents, ont une vision du monde qui va au-delà de la nôtre.

Pourtant, chaque année, je m’émerveille de la foi enfantine en quelque chose de magique qui dépasse la réalité. Des milliers d’adorables lettres, rédigées d’une écriture tremblotante et qui expriment les souhaits les plus chers des bambins, démontrent leur foi enfantine. Ils savent que ces souhaits seront réalisés, puisqu’ils croient en moi. 

Cependant, ce n’est pas moi qui emballe les jolis cadeaux en sifflotant joyeusement. Je ne les dépose pas silencieusement sous le sapin. C’est plutôt vous, les parents, grands-parents, oncles, tantes et parrains. Des adultes qui dissimulent leurs efforts pour offrir à leur progéniture la magie de l’enfance à laquelle ils ne croient plus eux-mêmes. 

Mais quand les enfants remercient le Père Noël, ils n’ont pas complètement tort. D’où pensez-vous que les enfants tirent les souvenirs et l’idée d’un monde magique qu’ils n’ont pourtant pas le reste de l’année? 

D’accord, peut-être que je n’offre pas de petits trains, de vêtements ou de livres (et encore, ce dernier se fait rare). Mais la lumière dans les yeux des petits qui se reflète dans ceux de leurs parents, le rayonnement sur leur visage à la vue des présents sous le sapin, et même le bonheur d’une famille qui prépare des biscuits ensemble. C’est ça, mon travail.

Je suis la chaleur qui vous réchauffe même lors des nuits d’hiver les plus froides, la mélodie que vous chantez tous ensemble.

Je titille les derniers restes de foi enfantine en chaque adulte. 

Oh, comme le monde doit être triste, sombre et gris sans ce sentiment. Pas étonnant que le désir de magie et de miracles s’éveille justement en hiver. Car, dans le silence feutré qu’apporte la neige et dans son merveilleux voile qui cache le monde réel, même les moins imaginatifs sont obligés de se détacher des distractions de la vie quotidienne et de se tourner vers eux-mêmes. Ceci, pour se rendre compte qu’il leur manque quelque chose et qu’ils souhaiteraient pouvoir voir le monde à travers le regard d’un enfant.

J’existe pour exaucer ce souhait.

La joie de donner, l’amour du prochain et la sécurité au sein de la famille. Ce sont mes cadeaux pour vous, chers adultes.

Ce sont les cadeaux de l’enfance.

Mais par-dessus tout, je vous offre de l’espoir. Noël marque la fin de l’année, mais malgré cette période qui peut sembler propice au recueillement, cette fin-là n’est pas à pleurer. Il vaut mieux y voir l’annonce d’un renouveau. En effet, têtes hautes et pleins d’optimisme, nous célébrons l’entrée dans la nouvelle année. Nous espérons qu’elle nous apporte du bon et que nous saurons réaliser de grandes choses. 

Chérissez donc ces cadeaux. Malheureusement, ils sont bien trop souvent vite oubliés après les fêtes. Et, ensuite, l’éclat de l’enfance dans les yeux se perd. Avec lui toutes les merveilles et les possibilités qui ne trouvent pas leur place dans le monde réel. 

Joie, amour, sécurité et espoir: c’est pour eux que j’existe, ce sont eux qui font Noël. Personne ne devrait être privé de cette magie ou être oublié. 

C’est pour cela que je vous écris cette lettre. Je voudrais vous rappeler comme il est beau d’être un enfant.

Je vous souhaite à tous beaucoup d’émerveillement en cette période magique.

Votre Père Noël

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