Jean-François Beausoleil, directeur régional d’UBS Genève, et Cyril Meury, directeur régional d’UBS Romandie, répondent à nos questions pour savoir comment les acteurs bancaires peuvent contribuer à résoudre la crise environnementale qui nous concerne. Interview.

Quel est le positionnement d’UBS en matière de développement durable?

Jean-François Beausoleil (JFB): Nous sommes heureux qu’UBS ait été l’une des premières banques à prendre conscience de l’importance de la durabilité et, surtout, à mettre en œuvre des stratégies concrètes dans ce but. Parmi les banques, nous sommes devenus un leader dans le domaine du développement durable, avant que cela ne devienne une tendance générale.

Cyril Meury (CM): Pour donner un exemple très concret de cet engagement: en septembre passé, UBS a figuré parmi les tout premiers signataires des Principes pour une banque responsable de UNEP FI, l’Initiative de collaboration du Programme des Nations unies pour l’environnement avec le secteur financier. Par cette signature, nous nous engageons à aligner notre stratégie d’affaires sur les objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU et sur l’Accord de Paris sur le changement climatique.

Comment les acteurs bancaires peuvent-ils participer à la concrétisation de mesures et projets durables?

JFB: Je crois que tout le monde se rend désormais compte que la durabilité devient l’un des critères les plus importants en matière d’investissement. En Suisse, nous proposons déjà des portefeuilles et des fonds stratégiques composés à 100% de placements durables. A l’heure actuelle, à l’échelle du Groupe, plus de 6 milliards d’avoirs de clients sont investis dans le développement durable.

CM: Pour notre clientèle privée, nous proposons depuis le début de l’année le Sustainable Strategy Fund et, depuis mai, l’UBS Manage Sustainable Investment qui rencontrent tous deux un franc succès.

Quel regard portez-vous sur le domaine de la finance durable et sur la manière dont elle semble se développer et attirer toujours davantage d’investisseurs?

JFB: Vous avez raison: ce thème prend de plus en plus d’importance pour les clients institutionnels suisses. C’est pourquoi le thème de la durabilité fait désormais obligatoirement partie de nos entretiens avec les caisses de pension.

Comment UBS se positionne en la matière?

CM: Nous soutenons les entreprises suisses qui s’efforcent de contribuer à un avenir plus durable. D’une part, en proposant des produits de financement qui encouragent les investissements durables. D’autre part, nous sommes partenaires de l’Impact Hub et sponsor de son Circular Economy Incubator dans l’objectif de soutenir le développement d’une économie plus durable et d’offrir à nos clients PME l’accès au réseau d’Impact Hub.

Comment les défis et impératifs en matière de durabilité impactent-ils les affaires et l’organisation d’UBS?

JFB: Eh bien, très concrètement, UBS s’impose de respecter des normes très rigoureuses en matière d’émissions de CO2. Par rapport à 2017, nous avons réduit de 60% – de 6,6 milliards à 2,7 milliards de dollars – le financement des sociétés qui exercent une influence négative sur le climat. Et nous avons complètement cessé de financer de nouvelles centrales au charbon dans le monde. Il y a aussi des habitudes que nous changeons: depuis 2007, le nombre de kilomètres en avion effectués par les collaborateurs d’UBS dans le monde a été divisé par deux. Nous sommes passé d’un milliard de km à moins de 500 millions en 2018.

CM: Et j’ajoute que, depuis 2007 déjà, nous compensons intégralement les émissions dues aux voyages en avion. En Suisse, UBS s’approvisionne à 100% en électricité renouvelable et nous voulons atteindre cet objectif au plan mondial d’ici l’an prochain. En outre, deux tiers de nos clients reçoivent désormais tous leurs documents bancaires par voie électronique. Seul un quart reçoit encore l’ensemble de leurs documents bancaires par voie postale. Il y a encore un an, cette proportion était deux fois plus élevée. Cela signifie qu’à l’heure actuelle, nous économisons environ 40 millions de feuilles de papier par an, soit plus de deux terrains de football en surface de forêt.

Quels sont les prochains gros projets durables dans lesquels UBS compte s’engager?

JFB: Par rapport à notre masse sous gestion, d’ici fin 2020, nous entendons doubler nos actifs investis dans le durable. Ce qui signifie que nous aurons ajouté 182 milliards de dollars en investissements durables (soit 11,2% du total sous gestion). Dans le détail, nous gérons 313 milliards de dollars d’investissements durables de base, dont 87,5 milliards dans des investissements favorables au climat (Etat: 2018).

CM: UBS coopère avec la marque de mode durable Bottletop. Nous incitons à acquérir et à porter des bracelets #TOGETHERBAND. Chaque acheteur en reçoit deux, un pour lui et un pour offrir. Il y en a 17 modèles différents aux couleurs des 17 Objectifs de développement durable de l’ONU. L’idée est de sensibiliser davantage l’opinion publique et d’encourager les actions dans ce sens. Lancée le 22 avril 2019 lors de la Journée mondiale de la Terre, cette initiative vise à mobiliser des centaines de milliers de personnes dans le monde entier en partenariat avec la Fondation des Nations unies, le WWF, Project Everyone, Eco Age et Global Citizen, etc.

Texte Thomas Pfefferlé 

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