Le 21 janvier 2020 a démarré le Forum économique de Davos. Son thème principal ? La crise climatique qui, aujourd’hui et au niveau mondial, relève de l’ordre de l’urgence. L’alimentation, et plus particulièrement la question du gaspillage alimentaire, est principale dans ce débat.

En Suisse, l’alimentation est, à elle seule, responsable du 30 pour cent de tous les impacts environnementaux. Elle met donc bien en évidence les problématiques actuelles et ceci dans une double perspective. D’un côté, le changement climatique impacte la sécurité alimentaire. De l’autre, ce sont également nos choix qui ont des effets importants sur le climat. Il est donc essentiel de comprendre les impacts environnementaux de l’alimentation et de lutter, chacun à sa manière, contre la crise climatique. 

Conservons la nourriture et l’environnement : gaspillons moins !

Une manière d’agir concerne le gaspillage alimentaire qui a son poids financier mais également environnemental. En Suisse, 2.3 millions de tonnes d’aliments sont gaspillées chaque année. Madame Oriah Kaspi, Key Account Manager et PR & Event Specialist pour Too Good To Go, leader mondial de la lutte contre le gaspillage alimentaire, nous dit que «8 pour cent de tous les gaz à effet de serre sont produits par les déchets alimentaires. Si les déchets alimentaires étaient un pays, ils seraient le plus grand émetteur de Co2 après la Chine et les États-Unis». Les pertes sont donc énormes à tous les stades de la chaîne de valeur, partant de l’agriculture, passant par la transformation, le commerce de gros et de détail mais également par la gastronomie et arrivant enfin dans les ménages qui, comme nous l’explique Madame Kaspi, représentent le «45 pour cent du gaspillage alimentaire».

La lutte contre le gaspillage alimentaire est considérée comme l’une des solutions les plus efficaces pour enrayer le réchauffement climatique.

Chad Frischmann, expert du changement climatique

Les raisons qui mènent les suisses à gaspiller les aliments sont plusieurs. Tout premièrement, les quantités de denrées achetées sont bien trop grandes et dépassent les besoins actuels. Les aliments sont mal conservés ou ne sont pas mangés avant la date de péremption, ce qui mène les consommateurs à les jeter. Enfin, les restes sont souvent destinés à finir à la poubelle au lieu d’être conservés, congelés, réutilisés ou compostés. 

Oriah Kaspi souligne que les dates de péremption sont «responsables du 10 pour cent du gaspillage alimentaire». Souvent mal comprises, elles poussent les consommateurs à jeter bien trop d’aliments. En effet, «beaucoup de consommateurs ne connaissent pas la différence entre les termes ‹à consommer jusqu’au› et ‹à consommer de préférence avant le›. ‹Selon une étude de l’UE, 53 pour cent des personnes interrogées ne savent pas la différence entre la date de durabilité minimale et la date limite de consommation›, explique Lucie Rein, Country Manager de Too Good To Go Suisse.»

Des dates énigmatiques ? 

La loi distingue trois types de dates de péremption: la Date Limite de Consommation (DLC), la Date Limite d’Utilisation Optimale (DLUO) et la Date de Consommation Recommandée (DCR). Ces trois appellatifs sont source de confusion pour les consommateurs.

La DCL est la date utilisée dans le cas d’aliments frais dits très périssables se conservant au réfrigérateur. C’est le cas de la viande, du poisson et des produits laitiers. Elle indique que l’aliment est ‹à consommer jusqu’au…› et spécifie le jour et le mois au-delà desquels on ne peut plus consommer le produit. Ce dernier pourrait contenir une certaine quantité de bactéries et sa consommation pourrait engendrer une intoxication alimentaire. 

La DLUO ou Date de Durabilité Minimale (DDL) s’applique sur des denrées moyennement, voire peu périssables. Il s’agit de la plupart des produits. Dépasser la date indiquée sous la forme ‹à consommer de préférence avant le…› suivie du jour et du mois, ne met pas en danger le consommateur. En effet, cette indication spécifie seulement que, une fois la date en question passée, le goût du produit pourrait changer. Madame Oriah Kaspi nous explique que «cette date indique jusqu’à quand le produit garde toutes ses qualités. La plupart des produits ont cette date et peuvent donc être consommés après». Pour cette raison Too Good To Go recommande aux producteurs d’ajouter ‹souvent bon après› à la date de durabilité minimale.

Enfin, la DCR correspond à l’expiration de la période de conservation d’un aliment. Elle concerne les œufs et indique les 28 jours après la ponte. Généralement les œufs peuvent être consommés après cette date, s’ils ont bien été conservés. Cependant, il faudrait, comme pour tout autre aliment, s’assurer de leur fraîcheur.

Gaspillage et tests sensoriels

«Aujourd’hui, nous faisons plus confiance aux dates de péremption qu’à nos sens – à tort ! L’astuce simple est d’observer, sentir, goûter et ensuite savourer le produit», soutient Lucie Rein. Afin de contrôler l’état du produit qui est souvent bon après la date indiquée, les consommateurs peuvent se servir de leurs sens. En observant, il est possible de s’assurer que le produit ne présente aucun changement de type visuel et qu’il ressemble à ce qu’il devrait. Le consommateur peut en outre vérifier qu’aucune odeur désagréable n’en émane et que le goût ne soit pas altéré. Une fois ces tests effectués, il pourra alors choisir si consommer l’aliment ou si respecter la date de péremption. 

Ces petites attentions de chacun peuvent avoir une incidence non négligeable et peuvent permettre d’atteindre l’objectif que s’est fixée la Suisse aux côtés des États membres de l’ONU dans le cadre du Programme 2030 : réduire de 50 pour cent le gaspillage alimentaire d’ici 2030. 

Nombreuses sont les personnes et entreprises qui s’engagent à ne pas gaspiller, c’est notamment le cas de Too Good To Go, «actuellement Leader mondial de la lutte contre le gaspillage alimentaire». Madame Kaspi nous explique encore que «grâce à son application, téléchargée par plus de 18 millions de personnes, plus de 29 millions de repas ont été sauvés. Mais Too Good To Go n’est pas juste une application, c’est un mouvement avec des objectifs ambitieux. Pour 2020 par exemple, Too Good To Go souhaite inspirer 50 millions de personnes (foyers), collaborer avec 75 000 commerces (professionnels), inspirer 500 écoles (éducation), influencer la législation de 5 pays (politique). Nous nous engageons aussi dans cette lutte avec de nombreux autres projets comme le label ‹souvent bon après›.» 

Et si nous nous laissions inspirer et contribuions?

Si la Suisse réduit de moitié le gaspillage alimentaire, l’incidence environnementale de l’alimentation peut être réduite de 10 à 15 pour cent.

Rapport de l’initiative «Save food, fight waste»

Prêts à lutter contre le gaspillage ? 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur les sites suivants:

Texte Andrea Tarantini

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