Délaissés par les jeunes, certains métiers techniques semblent tout aussi porteurs que ceux liés au domaine tertiaire. Les filières d’études et d’apprentissage se mobilisent activement pour sensibiliser et attirer les jeunes. Explications.

En Suisse, les jeunes scolaires sont très rapidement divisés et orientés dans différentes filières d’études. De plus, si leurs résultats scolaires dépassent la moyenne, ils sont fortement incités à suivre les traditionnelles voies académiques. Les cursus proposés par les HES et autres Universités helvétiques constituent d’excellentes formations. Mais la voie «alternative» de la formation duale est tout autant digne. En s’orientant vers un CFC (Certificat fédéral de Capacité), les jeunes reçoivent une éducation comportant un solide bagage pratique. Ce qui par la suite, leur offre de nombreuses possibilités d’évoluer. Et pourquoi pas rejoindre les mêmes compétences et capacités de leurs collègues académiciens. La meilleure des formations doit avant tout, prendre en considération les aptitudes et motivations des jeunes. Ainsi, ces futurs professionnels peuvent jouir d’une meilleure vision et compréhension globale de l’ensemble du système d’études et d’apprentissage qui s’offre à eux.

Parmi toutes les options de formation qui s’offrent aux jeunes, on ne souligne jamais assez les avantages et qualités de la voie duale. Cette dernière mène à de nombreux métiers techniques fort demandés, comme la carrosserie, les professions liées à l’électricité ou encore les métiers du bâtiment. C’est pour cela que le cursus de l’apprentissage mériterait d’être davantage valorisé. 

Les Suisses excellent aux concours internationaux

Pour booster la formation et contribuer au haut niveau des recrues helvétiques, de nombreux concours professionnels se tiennent en Suisse et sur la scène internationale. Et il s’avère que les Helvètes y soient particulièrement performants. En effet, une fois avoir passé les concours cantonaux, romands puis suisses, ils s’illustrent régulièrement dans le top européen et même mondial. Ces concours contribuent, d’une part, à doper le niveau de compétences des jeunes professionnels. Et d’autre part à enrichir le CV des participants. Car leur participation constitue une garantie que les candidat pourront mettre en avant auprès de leurs employeurs, en termes de rapidité d’exécution, ainsi que de maîtrise technique.

Ces concours représentent une bonne manière de promouvoir les savoir-faire et compétences techniques des professionnels, en Suisse. Cependant le développement d’une réelle plus-value manque cruellement, ainsi qu’une meilleure visibilisation des retombées. Ces concours parfois discrets, voire méconnus doivent être officialisés et valorisés davantage afin de gagner en reconnaissance au sein des différentes filières professionnelles et d’apprentissage.

Métiers techniques très demandés

Les CFC techniques constituent des formations solides et recherchées en Suisse romande. Par exemple, la branche automobile représente un secteur fort de notre économie. La Suisse compte en effet plus de 5000 garages et ateliers mécaniques. Dans le pays, c’est ainsi un emploi sur huit qui dépend directement ou indirectement du secteur de l’automobile. Le transport routier de marchandises a également augmenté dans des proportions significatives, dopant ainsi l’activité professionnelle des acteurs économiques de ce domaine.

En croissance constante, la démographie implique des besoins continus en matière d’immobilier et de logement. Par conséquent, le secteur de la
construction et les nombreux métiers qui y sont représentés sont ainsi constamment demandés et recherchés. À titre d’indication, le secteur de la construction contribue à 6% du PIB de la Suisse. Une proportion qui se traduit par quelques 327 000 collaborateurs en emploi et environ 25 000 jeunes en apprentissage. Au total, ces professionnels et apprentis travaillent dans plus de 50 corps de métiers différents.

En 2018, le chiffre d’affaires du secteur principal de la construction s’est élevé à plus de 20 milliards de francs, maintenant le niveau de l’année précédente. Les carnets de commandes ont, eux, atteint un niveau record, ne laissant présager aucune baisse pour les années à venir.

Une fois un CFC décroché dans ce domaine, par exemple, les jeunes professionnels ont l’opportunité de s’orienter vers le brevet fédéral de contremaître. Cette voie leur permet d’évoluer en tant que chef d’équipe. Puis, ils peuvent prétendre à une la maîtrise fédérale équivalente au master universitaire. Comme quoi, pour devenir chef d’entreprise, la voie académique n’est pas l’unique chemin à suivre.

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