Lionel Eperon, Directeur généraL, Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP) 

Seul un-e jeune vaudois-e sur cinq choisit de débuter un apprentissage à la fin de sa scolarité obligatoire. Fait surprenant s’il en est alors que bien des pays envient notre système de formation professionnelle. Dans notre canton, le secteur tertiaire est fort et les Hautes Ecoles rayonnent au-delà de nos frontières. Il est compréhensible que les filières gymnasiales attirent près de la moitié de ces jeunes. Toutefois, un autre chiffre surprend. Sur cette même volée, ils sont aussi plus de 20% à opter pour une solution intermédiaire. Ces jeunes remettent ainsi à plus tard le choix crucial d’une voie de formation post-obligatoire certifiante.  

Si l’on prend un peu de hauteur et que l’on regarde ce qui se passe à l’échelle de tous les jeunes entre 16 et 25 ans, le constat s’inverse. Au final, presque la moitié d’entre eux obtient un diplôme de formation professionnelle. Il apparaît ainsi que l’apprentissage est de loin le parent pauvre de la formation post-obligatoire. Il s’agit plutôt d’une filière mal aimée, car trop mal connue. Pour une partie des jeunes, l’apprentissage n’est pas une évidence à la sortie de l’école obligatoire. La faute revient à un imaginaire collectif qui met les hautes études plus souvent sur le devant de la scène. Mais aussi à la méconnaissance du monde professionnel et aux riches opportunités qu’il offre à ses diplômés.  

Il apparaît ainsi que l’apprentissage est de loin le parent pauvre de la formation post-obligatoire. Il s’agit plutôt d’une filière mal aimée, car trop mal connue

– Lionel Eperon, Directeur généraL, Direction générale de l’enseignement
postobligatoire (DGEP) 

Pourtant, le Canton de Vaud est un véritable Hub romand de la formation professionnelle. On y enseigne quelque 175 métiers différents. C’est certain, les options ne manquent pas et l’accent doit être mis sur l’évolution des représentations et des mentalités. A cette fin, tous les acteurs concernés du Canton se mobilisent pour valoriser la formation professionnelle. Le Conseil d’Etat l’a affiché clairement comme une priorité en plaçant cet objectif en tête de son programme de législature. D’ailleurs, le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) déploie un plan d’actions ambitieux décliné en trois axes: l’orientation, la réussite et les places d’apprentissage disponibles. Il s’agit d’améliorer l’attrait de la formation professionnelle dans les écoles, d’éviter les ruptures et les échecs en cours de formation et d’augmenter le nombre de places proposées. 

Pour faire changer l’image de l’apprentissage, un travail de terrain auprès des jeunes qui devront bientôt choisir leur voie de formation est indispensable. Dorénavant, dans chacun des 62 établissements du secondaire I du canton, un-e référent-e ouvre la porte sur le monde professionnel et offre un tour d’horizon du large panel de possibilités de formation offertes après l’école obligatoire. A cela s’ajoutent d’autres actions de communication pour que les jeunes connaissent mieux les diverses options et aient toutes les cartes en main pour faire un choix à la fin de la scolarité obligatoire. Une opération de promotion qui s’étend également à d’autres publics, comme les enseignants, les conseillers en orientation et les parents dont les représentations guident le choix de leurs enfants. 

Grâce à la mobilisation des secteurs publics et privés, on a créé 600 places d’apprentissage. L’objectif est d’atteindre plus de 1000 nouvelles places d’ici 2022.  

Dans ce contexte général, offrir les conditions optimales durant la formation pour que ces jeunes puissent décrocher leur certification est une priorité. Des mesures pour prévenir les échecs ont été mises en place et de nouveaux commissaires professionnels s’engagent à accompagner les apprentis.

Nous sommes conscients que changer l’image de la formation professionnelle dans le canton ne se fera pas en un jour. Cependant, nous sommes tout autant persuadés que grâce à la mobilisation des acteurs publics et privés, l’apprentissage sera bientôt une voie valorisée et valorisante pour les jeunes qui terminent leur scolarité obligatoire. 

Texte Lionel Eperon

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