Aujourd’hui, les échanges internationaux sont très répandus. Ils constituent un enjeu intéressant pour les jeunes, mais ils ne sont pas exempts de difficultés. Quels sont donc les états de ces jeunes en termes de santé mentale?

Nombreux sont les étudiants en formation qui décident de partir pour développer des compétences linguistiques et acquérir des qualités comme la créativité, la capacité à résoudre des problèmes, l’autonomie et la sociabilité. Cependant, à toutes les étapes de l’échange, les jeunes rencontrent des problèmes. Ils éprouvent des sentiments contrastés qui peuvent influencer leur santé mentale. 

Je m’attendais à vivre de nouvelles aventures, je voulais me lancer dans l’inconnu et en ressortir changé.

Roberto, étudiant suisse parti en échange à Dublin.
L’organisation de l’échange: entre stress et enthousiasme

Cependant, que ce soit avant, pendant ou après l’échange, les étudiants rencontrent bel et bien des problèmes et éprouvent des sentiments contrastés qui peuvent influencer leur santé mentale. Avant de partir, l’organisation de l’échange peut être autant une source d’anxiété que d’enthousiasme. Le bon déroulement du voyage dépend en effet de son organisation et le jeune attend beaucoup de sa nouvelle expérience: «je m’attendais à vivre de nouvelles aventures – explique Roberto, étudiant suisse parti en Irlande – je voulais me lancer dans l’inconnu et en ressortir changé».

La liberté et le choc culturel

L’arrivée dans le pays fait surgir, elle aussi, des sentiments opposés. La liberté et l’autonomie sollicitent le voyageur, mais il faut tout de même faire face au choc culturel et à l’absence de connaissances débouchant dans le mal du pays. Dans l’article «Keep Calm and Go Abroad : The Effect of Learning Abroad on Student Mental Health», Amber Bathke et Ryoka Kim présentent les résultats d’une étude qui montrent qu’un nombre non négligeable d’étudiants interpellés, soit plus que le 13 pour cent, a ressenti un choc culturel lors de l’échange. Beaucoup sont les étudiants qui, une fois arrivés dans le pays d’accueil, se sentent désorientés.

Le rapatriement: une courbe en W

Par ailleurs, le rapatriement n’est pas facile. Dans son «Compendium sur les effets des échanges des jeunes» édité par Intermundo, Association faîtière pour la promotion des échanges de jeunes, Stefan Brunner soutient que «la littérature qui se penche sur le retour après un échange illustre les émotions sous la forme d’une courbe en W dans laquelle l’expérience du retour ressemble à celle du départ. Les deux étapes sont marquées par une phase d’euphorie, suivie d’un choc culturel (inversé), d’une adaptation et d’une normalisation». L’euphorie et le soulagement ressentis sont justifiés par les retrouvailles avec les proches. Quant au «choc culturel inversé», il est compris comme la difficulté à gérer le retour à la réalité. Avant l’adaptation peut également faire surface le mal du voyage, autrement dit l’addiction au voyage. 

Mesures de précaution

Les enjeux en termes de santé mentale peuvent alors se réduire à la gestion d’émotions diverses articulées l’une à l’autre. Afin d’aider les étudiants à maîtriser leurs sentiments et à garantir leur équilibre mental, il est nécessaire d’instaurer des mesures de précaution qui se résumeraient au conseil, au soutien et au partage et qui sont notamment prévues par Intermundo et ses organisations membres. 

Texte Andrea Tarantini

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