Peu importe que vous considériez le burnout comme une maladie ou comme une mode sociale. Le fait est que de plus en plus de gens se sentent épuisés et ne savent pas quoi faire. Écouter son propre corps est important et permet de changer sa vie suite à un burnout. Voici comment une situation presque désespérée est devenue une histoire à succès.

«J’étais fatiguée, j’avais du mal à dormir et je ne voyais rien de bon dans la vie. J’étais déprimée», se souvient Vanessa*. Une recherche Google sur ses symptômes et un rendez-vous chez le médecin ont confirmé ce qu’elle pensait impossible auparavant: elle souffrait d’épuisement professionnel. Un long séjour à l’hôpital et des médicaments sur ordonnance ainsi que des séances quotidiennes de thérapie l’ont aidée à faire face au burnout.

Aujourd’hui, quatre ans plus tard, une femme forte et sûre d’elle est assise en face de moi. En regardant son passé et en prenant du recul, elle ne se reconnaît pas dans la personne qu’elle était. Pourtant, Vanessa assure que l’épuisement professionnel est la meilleure chose qui lui soit arrivée. Car si son corps n’avait pas tiré la sonnette d’alarme à ce moment-là, elle n’aurait jamais trouvé la force de s’échapper d’un environnement malsain et de changer de vie de manière durable.

L’épuisement professionnel est la meilleure chose qui lui soit arrivée.

Un robot sans émotions

Au tout début de son apprentissage commercial, Vanessa trouve son premier amour – un amour toxique, comme elle le désigne aujourd’hui: «il m’a rendue toute petite dès le départ». Son partenaire l’éloignait de ses amis et de sa famille et l’isolait avec sa jalousie. Elle n’avait plus personne vers qui se tourner. Sur insistance de son petit-ami, elle a rompu les contacts avec sa famille. Elle se sentait de plus en plus seule. «J’étais une personne peu sûre d’elle, je n’avais pas confiance en moi et j’étais instable», se souvient Vanessa. Cela a duré trois ans. 

Ensuite, elle a également subi des pressions de la part de son employeur. Après son apprentissage, Vanessa voulait rester travailler dans l’entreprise, mais le patron lui a annoncé qu’il préférait employer une vendeuse expérimentée. Par conséquent, elle était souvent très stressée. Elle voulait prouver à tout le monde qu’elle était la bonne personne pour ce poste. En raison des nombreuses heures supplémentaires et de la pression qu’elle ressentait, la jeune fille de 19 ans a été prise dans un cercle vicieux qui l’a finalement menée au burnout.

J’étais une personne peu sûre d’elle, je n’avais pas confiance en moi et j’étais instable.

Vanessa a vite compris que quelque chose n’allait pas: «mais j’ai ignoré la voix dans ma tête». Elle se voyait comme un robot insensible, qui ne ressentait plus de joie et qui ne pouvait plus rire. Pour dormir et se détendre, elle recourait au cannabis. «J’étais habituée à fumer plusieurs joints en une soirée. Je voulais m’engourdir pour pouvoir enfin me déconnecter», confie-t-elle. Mais même cela n’a pas fonctionné. La jeune femme pensait incessamment à son travail et sa routine ne l’aidait pas. Dormir, cuisiner, regarder la télévision, faire le ménage. Elle ne pouvait pas se laisser aller. 

Le lever, le pire moment

Se lever le matin était la pire des choses pour Vanessa: «je pleurais tous les matins.» Elle s’est complètement isolée, jusqu’au point de refuser même l’aide de ses collègues. Il lui fallait lutter pour tout. Cela a continué ainsi jusqu’au jour où elle s’est demandé s’il valait la peine de vivre. Alors, elle a compris qu’elle avait immédiatement besoin d’aide.

Thérapie

Après avoir contacté son médecin, Vanessa a réalisé qu’elle avait identifié le problème et qu’elle était enfin prête à réagir. Le médecin lui a d’abord prescrit deux semaines de repos pour l’aider à se détendre. Mais cela n’a servi à rien.

Vanessa a alors été emmenée dans une clinique de jour. Il y avait un programme quotidien à suivre, des thérapies individuelles et de groupe, des cours de bricolage, des exercices de relaxation et du sport. En outre, les patients devaient adhérer à une planification des tâches car «il fallait maintenir une routine quotidienne afin de pouvoir se remettre sur pied», explique Vanessa. De plus, la jeune zürichoise s’est vu prescrire divers médicaments: des antidépresseurs, des sédatifs et des somnifères. La dose était réduite de semaine en semaine. Lorsque le médecin-chef lui a assuré qu’elle progressait et qu’elle pourrait bientôt quitter la clinique, Vanessa était très heureuse: «tout ce que je voulais, c’était de guérir rapidement et d’être de nouveau moi-même.»

Je voulais m’engourdir pour pouvoir enfin me déconnecter.

Le bonheur tant attendu

Après trois mois de thérapie, Vanessa s’est rétablie et a arrêté les médicaments. Elle était prête à prendre les mesures nécessaires et à éloigner tout ce qui nuisait à sa santé. Elle s’est séparée de son petit ami. Leur contrat de location a été annulé et elle est retournée vivre chez ses parents. «Je suis reconnaissante», dit-elle avec du recul. «Si je n’avais pas souffert d’épuisement professionnel, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. J’ai appris à m’aimer et à me respecter et maintenant je suis en harmonie avec moi-même», affirme la jeune femme.

Généralement, on pense qu’un changement d’emploi est nécessaire après un burnout. Mais, après son épuisement professionnel, Vanessa a continué à travailler dans la même entreprise pendant trois ans. Ce n’est que lorsque la succursale a été fermée pour des raisons opérationnelles que la jeune femme a changé d’employeur. Ensuite elle s’est créé un nouvel environnement social et a engagé la discussion tant attendue avec sa famille. Aujourd’hui, leur relation est bien meilleure qu’avant. Vanessa se réjouit également de l’avenir. Elle vient de commencer une formation complémentaire dans le secteur commercial. «Si le burnout m’a appris quelque chose, c’est que je dois poursuivre mes rêves et mes souhaits», explique Vanessa qui attend avec impatience ce que la vie lui réserve.

*Nom modifié par les rédacteurs

Texte Moreno Oehninger

Traduit de l’allemand par Andrea Tarantini

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