Jeune fille aux pouvoirs surnaturels, Millie Bobby Brown est devenue célèbre grâce à la série culte «Stranger Things» de Netflix. Dans une interview, l’actrice de 15 ans nous raconte d’où vient sa confiance en soi et dans quels moments elle perd de vue la réalité.

Millie Bobby Brown, comment ta vie a-t-elle changé depuis que tu es devenue populaire?

Changer n’est peut-être pas le bon mot. Oui, la célébrité affecte ma vie. Parfois, c’est un défi. Mais j’ai toujours une vie normale et de grandes opportunités. «Stranger Things» m’a permis de m’impliquer dans des œuvres de bienfaisance. J’aurais aimé le faire déjà à l’époque, mais je n’avais pas de plateforme pour aider les gens avant. 

Tu es une ambassadrice de l’Unicef. En tant qu’actrice, as-tu des responsabilités et des obligations? N’as-tu pas l’impression de rater ton enfance?

On me demande souvent si j’ai une enfance. Je peux vous rassurer: j’en ai une! Pour vous en convaincre vous pouvez venir chez moi et me regarder cuisiner, ou plutôt brûler, un brownie! J’ai grandi avec une sœur de six ans. On fait beaucoup de choses ensemble. On adore aller se baigner au parc par exemple. Autrement, nous avons trois chiens et un chat. Bien sûr, il y a l’école aussi. C’est très important pour moi.

Tu portes un T-shirt de David Bowie. Pourquoi?

J’ai appris à connaître ce chanteur grâce à «Stranger Things». La série se déroule dans les années 80. Je n’étais pas vraiment fan de la musique des années 80 avant, mais je le suis maintenant. J’adore «Africa» de Toto! J’utilise souvent la musique pour me préparer à une scène. Une fois, avant un tournage, j’écoutais des chansons d’Adele. Le réalisateur, Shawn Levy, m’a dit que je ne pouvais pas écouter cette musique et que je devais écouter celle des années 80 plutôt. Il a mis «Sweet Child of Mine» de Guns N’ Roses à fond sur les haut-parleurs. L’ambiance était vraiment parfaite.

J’utilise souvent la musique pour me préparer à une scène.

Qu’est-ce que tu aimes d’autre des années 80?

J’envie vraiment les gens qui ont grandi à cette époque. En fait, il y avait beaucoup plus de liberté. Aujourd’hui, même si j’étais un enfant comme les autres, que je n’étais pas célèbre, je ne pourrais pas sortir en toute tranquillité. C’est dangereux. En revanche, dans les années 80, on pouvait monter sur son vélo et se promener dans la région sans se faire du souci.

Tu es née en Espagne, tu as grandi en Angleterre et tu as déménagé aux États-Unis à l’âge de huit ans. Comment a débuté ta carrière d’actrice?

Tout a commencé à Orlando, en Floride. Au début, j’ai simplement suivi des cours de chant, danse, mannequinat, théâtre, etc. Mais je ne savais pas qu’il y avait un véritable métier derrière. Ce n’était pas clair pour moi à l’époque. Ensuite j’ai déménagé à Los Angeles et j’ai commencé à apparaître dans des publicités. J’ai même fait une publicité pour Barbie. J’étais vraiment heureuse! C’est à ce moment que j’ai vraiment réalisé que je voulais devenir actrice. Quand je suis dans un décor, je deviens en quelque sorte la meilleure personne que je puisse être.

L’UNICEF a nommé Millie Bobby Brown plus jeune ambassadrice itinérante à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance 2018 à New York. (Photo de Cindy Ord / Getty Images pour l’UNICEF)

Tu es au début de ta carrière. Faut-il beaucoup de confiance en soi pour assumer ses rôles?

On s’y habitue. Lors de la première saison de «Stranger Things», j’ai joué Eleven comme me l’avaient demandé les créateurs de la série, les Duffer Brothers. Ce rôle était leur bébé. En revanche, dans la deuxième saison, j’ai apporté mes propres idées. Et dans la troisième saison, j’ai clairement indiqué ce que je pensais que Eleven ferait et ne ferait pas.

Quelles actrices sont tes modèles?

Bonne question. Les femmes sont tellement importantes en ce moment! Elles ont plus de pouvoir que jamais. Toutes les actrices m’inspirent, même celles qui ne sont pas très célèbres. J’aime bien Winona Ryder. «Beetlejuice» est vraiment génial, comme tous ses films d’ailleurs. J’adore Angelina Jolie aussi. En plus elle dirige et fait aussi du travail caritatif. Natalie Portman et Blake Lively me plaisent aussi.

Les diamants et les perles, ce n’est pas mon truc.

Quels sont les garçons qui te bouleversent?

J’ai toujours aimé Zac Efron, mais je le connais personnellement maintenant. Je dois donc faire attention, sinon on me demandera pourquoi j’ai dit que je craquais pour lui. Mais il y a un chanteur de mon âge qui m’obsède totalement. Je ne vais pas en dire plus pour l’instant.

Tu es toi-même une star. Comment gères-tu tes fans?

Parfois, il faut des gardes du corps. Les fanatiques me font peur. Mais la plupart de mes fans sont très gentils. S’ils me traitent normalement, je les traite normalement aussi. Je les comprends car j’étais, et je suis encore, une fan-girl. Par exemple, je suis folle de «Vampire Diaries».

Que se passe-t-il lorsque tu rencontres quelqu’un qui t’impressionne?

Je peux totalement perdre le contact avec la réalité. Mais il y a des gens avec lesquels je me ressaisis, comme Obama – il est si grand et majestueux – ou Meryl Streep. Vous ne pouvez pas paniquer devant des gens comme ça. Mais vous pouvez le faire avec Zac Efron ou avec Blake Lively. J’ai eu une petite crise de larmes aux Golden Globes. Ce n’était pas bien [rires].

Tu es déjà une icône de la mode. Comment décrirais-tu ton style?

Jeune. Parce que nous, les jeunes, conquérons actuellement l’industrie du divertissement. Mais j’ai 15 ans, et je ne vais pas essayer de ressembler à une jeune de 25 ans. C’est pour cette raison que vous me voyez en baskets sur le tapis rouge. Les diamants et les perles, ce n’est pas mon truc.

Comment vois-tu ton avenir et celui de tes jeunes collègues?

Mes collègues et moi aimons ce que nous faisons ensemble en tant qu’acteurs. Nous avons le pouvoir et la jeunesse de notre côté. Je pense que nous sommes tous sur la bonne voie. Moi je vais continuer à grandir en tant qu’actrice. J’ai hâte d’interpréter un jour une jeune fille de 20 ans.

Beaucoup de jeunes stars ont eu du mal à trouver leur place à Hollywood en tant qu’adultes. Cela te fait-il peur?

L’industrie cinématographique est en constante évolution et, à cet égard, je ne pense pas qu’elle soit aussi dangereuse qu’avant. Nous savons maintenant ce qu’il faut éviter et ce qu’il faut faire: utiliser notre passion et faire face aux problèmes, si nécessaire. Dans tous les cas, je vois mon avenir sous un jour merveilleux.

Texte et image d’en-tête Marlène von Arx

Traduit de l’allemand par Andrea Tarantini

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