Dans la nuit du 28 au 29 mars 2020, nous avancerons de nouveau nos montres. L’heure d’été remplacera celle d’hiver et nous «perdrons» donc une période de sommeil. Le changement d’heure est actuellement au cœur des débats politiques. Mais pourquoi? Explications.

Comme chaque année, le changement est prévu pour le dernier dimanche de mars. Mais faudra-t-il avancer ou reculer nos montres et horloges d’une heure? Beaucoup de gens ne parviennent pas à s’en souvenir ou se trompent à chaque fois. C’est pour cette raison qu’il existe de nombreux moyens mnémotechniques qui aident les plus confus. 

Le changement d’heure: quelle belle histoire!

Et si nous en profitions pour revenir sur l’histoire du changement d’heure? Savez-vous d’où nous vient cette fameuse heure d’été, objet de nombreuses controverses? Elle remonte à 1784. Benjamin Franklin, diplomate américain, propose de décaler les heures selon les changements de saisons afin d’économiser de l’énergie. Personne n’écoute le pauvre Franklin alors. Cependant, ses idées sont reprises deux siècles plus tard, en 1907, par un entrepreneur britannique, William Willet. Ce dernier, tout comme Franklin, explique que le changement d’heure peut garantir une économie d’énergie importante. L’idée plaît tout de suite aux Allemands qui, en 1916, décident d’appliquer les mesures présentées par Willet dans le but d’économiser du charbon. C’est ensuite au tour des Anglais.

Mais qu’en est-il donc de la Suisse? En 1917, suite à de longues discussions sur le sujet, le Conseil fédéral décide de ne pas adopter l’heure d’été. Ce dernier juge que les arguments avancés sont de trop faible importance et qu’ils ne justifient pas de telles mesures. De plus, le changement d’heure pourrait nuire à l’agriculture. Avancer d’une heure les montres suisses pourrait en effet avoir un impact négatif sur les vaches, sur leur production de lait et donc sur le commerce de la fameuse fondue suisse!

Dans le reste de l’Europe, bien que productives, les mesures sont annulées en 1945 et réappliquées seulement en 1975. Mais la Suisse, elle, n’a toujours pas envie de s’aligner sur le changement d’heure. Ce n’est qu’en 1981 que la Confédération décide de réintroduire les mesures qui sont harmonisées en 1998 pour tous les pays de l’Union européenne. 

À ce jour, bien que cette mesure ait déjà été adoptée par plus de 70 pays, il existe des pays qui n’y ont pas recours. Notamment, parce que certains pays bénéficient d’un ensoleillement plus important et qui rend le changement d’heure inutile. 

Controverses interminables

Cette histoire a donc toujours été houleuse. Et elle l’est encore aujourd’hui. En effet, déjà en 2010, l’Office fédéral de l’énergie remarque que, contrairement à ce que l’on croit, le changement d’heure n’est pas fructueux en termes d’économie d’énergie. Dans ce débat, les opposants mettent également en avant les effets négatifs de ces mesures qui auraient un impact sur la santé.

D’autres controverses plus récentes surgissent durant l’été 2018. Une enquête révèle que, sur les 4,6 millions de répondants, 84 pour cent sont favorables à la suppression du changement d’heure. Ainsi, Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, affirme vouloir mettre fin aux mesures relatives aux changements d’heure saisonniers dès 2019. Ceci dans l’optique de permettre à tous les États de choisir l’heure à laquelle ils veulent rester. Le changement d’heure semble donc avoir les heures comptées. 

Néanmoins, nous sommes en 2020 et les promesses de Juncker n’ont pas encore été tenues. En effet, les ministres des transports de l’Union européenne ont mis un terme temporaire à cette affaire en repoussant la réforme à 2021. Pourquoi cela? Parce qu’il semblerait que tous les pays d’Europe centrale doivent adopter les mêmes mesures au même temps afin d’éviter une confusion inutile. 

Au fait, le changement d’heure a-t-il vraiment des effets sur la santé qui justifient son abolition?

Effets négatifs sur la santé

Bien qu’il ne soit souvent considéré que comme un simple décalage horaire, ce changement semble avoir des impacts sur la santé. En effet, il semblerait que, lorsque l’on avance ou recule nos montres, notre corps souffre d’une sorte de décalage horaire. Par conséquent, l’horloge interne ne correspond alors plus au temps du monde extérieur. Il faut donc habituer le corps à ce décalage. Bien évidemment, tout dépend de la sensibilité de chacun. Cette confusion entre temporalité interne et externe peut ne durer que quelques jours ou plus d’une semaine. Les conséquences de cette phase d’adaptation peuvent se faire ressentir sous forme de troubles du sommeil, d’hypertension artérielle et même de dépression.

Cependant, pour éviter cette confusion qui suit le changement d’heure, il peut être utile d’aborder le problème avec quelques jours d’avance en assimilant le fait que, passer à l’heure d’été signifie avancer nos montres, se lever un peu plus tôt et se coucher un peu plus tôt et donc perdre des heures de sommeil. Nous le savons, c’est difficile! 

Prêts à remonter vos pendules?

Quelques moyens mnémotechniques

Le passage à l’heure d’été se fait juste avant le début du mois d’avril alors que l’heure d’hiver entre en vigueur en octobre. Ainsi:

  • En AVril on AVance d’une heure
  • En octobRE on REcule d’une heure

Pas mal comme astuce non?

Si celle-ci ne vous plaît pas, rappelez-vous qu’en octobre on s’attend déjà à l’arrivée du froid et de la fatigue hivernale, un peu de sommeil en plus est donc bien mérité. En revanche, l’été annonce l’arrivée des beaux jours, on peut donc bien sacrifier une heure de sommeil afin de profiter du beau temps et des activités à l’extérieur.

Texte Lars Meier

Traduit de l’allemand par Andrea Tarantini

Advertentie