La photographe de voyage Martina Bisaz est l’une des influenceuses les plus renommées de Suisse. Dans l’interview qui suit, elle discute de son amour des voyages et avoue qu’elle ne considère pas l’activité d’influenceuse comme un vrai métier. 

Martina Bisaz, comment avez-vous découvert votre passion pour les voyages?

C’était après mon premier voyage en Thaïlande. J’avais seulement 16 ans. Pendant ce voyage et pour la première fois de ma vie, j’ai découvert une culture complètement différente, ce qui était très excitant. 

Avant de travailler comme blogueuse de voyage, vous avez travaillé comme illustratrice scientifique. Ces compétences en matière de dessin vous sont-elles également utiles pour votre activité de blogueuse?

Je ne dirais pas que je suis blogueuse. Ce n’est peut-être pas la bonne expression. Je me concentre sur la photographie. Je peux donc utiliser une partie de ma formation d’illustratrice comme mes compétences en composition d’images.

Imaginez la situation suivante: vous devez partir en voyage mais ne pouvez emporter avec vous que cinq objets, vêtements exclus. Que mettriez-vous dans votre bagage?

J’y mettrais sûrement mon téléphone portable ainsi que mon appareil photo qui sont essentiels à mon activité. Je n’oublierais certainement pas ma brosse à dents et j’emporterais également un couteau de poche qui est toujours très utile en voyage. Enfin, je ne partirais pas sans quelques snacks végétaliens.

Quelle est la destination qui figure en tête de votre liste des voyages à réaliser avant de mourir?

J’en ai plus qu’une. J’aimerais visiter l’Algérie, le Pérou mais aussi la Bolivie et le Kirghizstan par exemple. 

Avez-vous déjà été déçue par une de vos destinations qui n’était pas à la hauteur de vos attentes par exemple?

Non, je n’ai jamais été déçue. J’ai été choquée une fois en voyant les énormes montagnes de déchets de l’île de Socotra. Sincèrement, je ne savais pas qu’il y avait un tel problème. J’étais donc un peu étonnée au début, quand je suis arrivée à destination. Je n’avais jamais rien vu de tel auparavant.

Comment gérer le choc culturel que l’on peut vivre?

Je n’ai jamais ressenti un choc culturel. Bien sûr, lorsqu’on voyage on trouve toujours des nouveautés en cours de route, des choses que l’on ne connait pas et des coutumes étrangères. J’essaie de prendre sur moi, de comprendre ce à quoi je suis confrontée. Si possible, j’essaye d’adopter ces habitudes et d’accepter la nouveauté. On ne peut pas toujours comprendre. Mais beaucoup de choses se répètent dans différents pays ou cultures. Il est donc plus aisé de s’y habituer. 

Un jour vous avez soutenu qu’avec vos voyages vous vouliez faire disparaître la peur de l’étranger. Et vous, de quoi avez-vous peur?

Moi aussi, j’ai mes petites peurs. Par exemple, lorsque je voyage en camping-car, je n’arrête pas de penser que quelqu’un puisse me le voler ou s’y introduire par effraction. 

Avez-vous une playlist que vous écoutez lorsque vous voyagez?

Non, pas vraiment. J’aime découvrir la musique du pays dans lequel je voyage, que je comprenne la langue ou non. Le voyage semble beaucoup plus réel et il est plus facile de se mettre dans la peau des gens que je rencontre. 

Quelle a été votre plus folle expérience de voyage?

Si je laisse de côté tous mes voyages à travers l’Iran, je dirais que c’est définitivement mon voyage en solo au Maroc. J’avais visité ce pays en long et en large et toute seule. Ce n’est pas toujours facile de voyager seule. 

Qu’est-ce qui est essentiel dans la préparation d’un voyage?

Lorsque vous vous rendez dans un pays étranger dont vous ne connaissez pas la culture, il faut se renseigner. Souvent, il est important de savoir à l’avance ce qu’on peut et ce qu’on ne peut pas faire dans tel pays. Bien évidemment, opter pour un itinéraire approximatif n’est pas mal non plus. En haute saison, il est difficile de trouver des endroits où passer la nuit. Dans ce cas, il faut planifier complètement l’itinéraire avant le voyage et réserver à l’avance. Personnellement, je n’aime pas cela. Je préfère voyager spontanément à travers un pays et j’aime dormir dans un camping-car plutôt que dans un hôtel. Je me sens plus flexible et libre. 

Qui est votre compagne ou compagnon de voyage préféré? 

Il s’agit de mon ami Farzaneh d’Iran. Nous nous ressemblons beaucoup et nous nous complétons à merveille. Nous rions toujours beaucoup ensemble mais, si besoin, nous pouvons aussi rester silencieux pendant des heures et bien vivre ensemble, en étant présent pour l’autre, sans que cela ne devienne désagréable ou oppressant. 

De plus en plus de gens évitent de prendre l’avion afin de protéger l’environnement. Comment cela affecte-t-il votre emploi?

Jusqu’à présent, cela n’a eu aucun effet sur mon travail. Mais je veille à préférer le train pour des destinations qui peuvent être rejointes facilement. Je n’aime pas faire des vols à court trajet inutilement. Souvent, si la destination est à l’autre bout du monde, je prévois quelques jours en plus afin de ne pas passer trop de temps dans un avion et de ne pas rester que peu de temps sur place. 

Vous comptez parmi les influenceurs qui ont le plus de succès en Suisse. Que pensez-vous de cette nouvelle profession?

J’ai un peu de mal à appeler cela une profession. C’est peut-être parce que je ne l’ai pas vraiment choisie. Je suis devenue influenceuse au cours des neuf années que j’ai passées sur Instagram. Je ne sais pas si c’est moi qui suis un peu vieux jeu (rires) ou si c’est le terme influenceur qui me dérange. Néanmoins, je dois peut-être me faire à l’idée que c’est bel et bien une profession. Il me faut toujours un peu de temps pour appréhender les nouveautés. 

Dans vos photos, vous êtes à peine visible, ce qui contraste fortement avec les photos des autres influenceurs. Pourquoi?

Je suis une personne introvertie et je n’aime pas être le centre d’attention. 

Vous considérez-vous plutôt comme une influenceuse ou comme une photographe?

Je dirais que je suis une photographe de voyage qui donne de l’inspiration.

Quelles sont les personnes que vous admirez?

J’admire toutes les personnes qui ont le courage de montrer l’injustice présente dans ce monde, tous les gens qui défendent les plus démunis, qu’il s’agisse d’humains ou d’animaux. 

Martina Bisaz en quelques mots

Vous êtes plutôt mer ou Alpes?

J’aime les deux.

Valise ou sac à dos?

En fonction de la destination.

Vieux favoris ou nouveautés?

Vieux favoris.

Carte postale ou message Whatsapp?

Carte postale.

Café ou cacao?

Cacao.

Infobox

Martina Bisaz, née en 1981, a d’abord travaillé comme illustratrice scientifique. En 2017, lorsque son compte Instagram a connu un plus grand succès, elle a commencé à se consacrer entièrement à la photographie. Les merveilleuses photos de Martina Bisaz se trouvent sur Instagram sous @kitkat_ch.

Interview Fatima di Pane

Traduit de l’allemand par Andrea Tarantini

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