En Suisse, environ 6200 femmes sont diagnostiquées chaque année avec un cancer du sein. Le Dr. Nik Hauser, gynécologue et spécialiste du cancer du sein nous explique pour quelles raisons la détection précoce est importante.

Le cancer du sein est la forme de cancer la plus courante chez la femme. Le cancer du sein, également connu sous le nom de carcinome mammaire, se caractérise par une prolifération cellulaire incontrôlée dans le sein, qui est liée à un endroit spécifique à un stade précoce. Cependant, si la croissance n’est pas contrôlée, cette tumeur peut s’implanter dans les tissus voisins et des métastases peuvent se former.

Les processus cycliques comportent des risques

Mais pourquoi le cancer du sein est-il tellement plus fréquent chez les femmes que chez les hommes? Le Dr. Nik Hauser explique: «il y a des raisons simples, mais il y a aussi des causes probables. Les femmes ont plus de tissu mammaire que les hommes. Mais surtout, contrairement aux hommes, les femmes ont des fluctuations hormonales cycliques avec des pics d’œstrogènes et de progestérone avant le début de la ménopause». Ces hormones stimulent le tissu glandulaire, la croissance des cellules et des changements internes à ces dernières.

«Cela augmente le risque que des cellules normales se transforment en cellules malignes, que le mécanisme de réparation qui détecte et corrige cela ne fonctionne pas ou que le système immunitaire ne parvienne pas à éliminer la cellule problématique», poursuit l’expert. En effet, si la stimulation cyclique de l’organisme augmente, la probabilité, et donc le risque, qu’une tumeur maligne se développe est plus grande et les processus de correction sont incapables de la reconnaître.

Le cancer du sein est rarement héréditaire

Cette maladie n’est héritée que dans cinq à dix pour cent des cas. Selon l’expert, ces cas impliquent une mutation dans les gènes BRCA, connus sous le nom de gènes suppresseurs de tumeurs. Cela augmente considérablement le risque de développer un cancer du sein. Dans certains cas, la probabilité de développer un cancer du sein peut même être supérieure à huitante pour cent.

Cette maladie n’est héritée que dans cinq à dix pour cent des cas.

Cependant, chez la grande majorité des femmes, il n’y a pas d’héritage et les gènes BRCA sont intacts. Le cancer du sein chez la femme n’est pas une maladie rare, bien au contraire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: aujourd’hui, une femme sur huit développe cette maladie. Il existe plusieurs facteurs de risque pour le cancer du sein. Les hormones jouent un rôle important, car le risque de modifications cellulaires dans la poitrine augmente avec la charge hormonale cyclique. Selon le Dr. Nik Hauser, à un certain âge, un autre aspect entre en jeu. «Après la ménopause, le surpoids joue également un rôle, car ce ne sont plus les ovaires mais le tissu graisseux qui produit les hormones féminines. Les femmes ayant une teneur en graisse plus élevée ont un taux d’hormones plus élevé. D’autres facteurs de risque sont le tabagisme et la réduction de l’activité physique.

Les femmes se connaissent mieux que les hommes

Il est important, pour une détection précoce de la maladie, de vérifier régulièrement ses propres seins. L’expert explique: «les femmes connaissent bien leurs seins. Aujourd’hui, jusqu’à 70% de toutes les maladies du sein sont détectées par les femmes elles-mêmes. Il est donc important de prêter attention aux changements tels que des bosses, des rétractions de la peau, des modifications de la peau. Il faut aussi remarquer les changements sur le mamelon et l’apparition de sécrétions de liquide. En cas de changement, il convient de demander des informations à son gynécologue ou à un centre spécialisé.

Jusqu’à 70% de toutes les maladies du sein sont détectées par les femmes elles-mêmes.

Lors d’un tel examen, le gynécologue examine les seins de la femme concernée. Une mammographie ou un examen par ultrasons est ensuite effectué à des fins d’imagerie et, enfin, une biopsie est effectuée. Le médecin examinera et évaluera le tissu prélevé au microscope et pourra ensuite établir un diagnostic.

Les différents types de thérapie

Si un cancer du sein a été diagnostiqué, il existe quatre options de traitement différentes. Deux d’entre elles agissent localement sur le sein et deux autres sur l’ensemble du corps. Le carcinome du sein – la véritable tumeur – est enlevé localement et le tissu restant de la glande mammaire est ensuite irradié. Les antihormones et la chimiothérapie, en revanche, affectent l’ensemble de l’organisme. 

Le Dr. Nik Hauser explique ce qui est important dans le choix du traitement. «Il s’agit toujours d’une décision très individuelle, adaptée au type de tumeur». L’objectif est de fournir la thérapie la plus ciblée et d’examiner la réponse des cellules tumorales afin de déterminer la meilleure stratégie thérapeutique pour chaque patient. Aujourd’hui, les chances de guérison sont très bonnes. En effet, plus de quatre-vingt-dix pour cent de tous les cancers du sein peuvent être guéris.

Détecter au plus vite

Néanmoins, lorsque des métastases sont présentes – des ramifications dans d’autres organes – la maladie n’est généralement plus guérissable. Bien qu’il existe aujourd’hui différentes thérapies qui peuvent être utilisées pour traiter les métastases sur le long terme, leur propagation dans l’organisme progressera sans cesse.

Par conséquent, plus tôt un cancer du sein est découvert et traité et plus grandes sont les chances de guérison. Toutefois, l’expert souligne: «ici aussi, il ne faut pas faire de comparaison entre les différents types de cancer du sein, car ils se comportent différemment et présentent des chances de guérison différentes». Ce qui est sûr, c’est que chaque changement doit être remarqué et notifié au médecin au plus vite. «La détection précoce au moyen de l’imagerie détecte également les changements qui, autrement, ne sont pas du tout visibles ou palpables. Ici, nous pouvons traiter les changements à un stade très prématuré et avons ainsi considérablement augmenté les chances de guérison», poursuit-il. Une détection précoce peut donc sauver des vies.

Texte Flavia Ulrich

Traduit de l’allemand par Andrea Tarantini

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