Avec l’arrivée des beaux jours, nous sommes plus enclins à faire des excursions dans la nature. Cependant, la présence des tiques augmente en été. Afin d’y faire plus attention, nous avons voulu répondre à quelques questions. Quelles sont les idées reçues les plus courantes à propos des tiques? Quelles sont les conséquences d’une de leur piqûre? 

Bien que les tiques ne mesurent que quelques millimètres, il ne faut pas les sous-estimer. Si une piqûre de tique peut être relativement indolore, elle peut tout de même avoir des conséquences importantes. Ainsi, il est essentiel de se protéger de manière adéquate.

De nombreux mythes et fausses idées circulent à ce propos. «L’idée reçue la plus courante concerne le fait que les tiques mordent et nous sautent dessus depuis les arbres», explique Werner Tischhauser, chercheur à l’Institut de l’environnement et des ressources naturelles de la ZHAW. Cependant, «les tiques se trouvent sur la végétation, près du sol, et attendent que leurs victimes entrent malencontreusement en contact avec elles», détaille l’expert.

Les tiques ne sont pas seulement actives dans les climats chauds

Ces petites bêtes aiment deux choses en particulier: l’humidité et la chaleur. Il faut donc être particulièrement vigilant pendant les périodes de pluie en été, mais également lorsque les températures sont plus fraîches. Par exemple, les tiques ne deviennent rigides qu’en hiver, lorsque les températures descendent en dessous de sept degrés Celsius pendant une longue période. Le nombre d’espèces de tiques connues dans le monde est également susceptible de surprendre.

Selon les recherches actuelles, plus de 900 espèces différentes sont communes. «L’espèce de tique la plus importante en Suisse est la tique commune des bois Ixodes ricinus», explique Werner Tischhauser. «Dans les régions bénéficiant d’un climat tempéré, la tique du mouton est en effet très répandue. En général, si la zone est verdoyante et si elle présente assez d’animaux auxquels les tiques peuvent sucer le sang, ces dernières ne manqueront pas de proliférer», précise-t-il.

La tique des bois vit dans les forêts du plateau suisse dans un sous-bois dense, à la lisière des forêts, dans les clairières, mais aussi près des rivières et dans les parcs proches des forêts. «Ces bêtes attendent un hôte sur un brin d’herbe ou un buisson afin de pouvoir s’y s’accrocher», explique l’expert.

La tique, spécialiste en survie

Le secret de la survie des tiques repose sur leur capacité à s’adapter aux changements de température. «Pendant les périodes d’été et d’hiver – quand il fait trop chaud, trop sec ou trop froid – la tique cherche un abri sur le sol», explique Werner Tischhauser.

«Les tiques peuvent même survivre à un gel de courte durée à moins 20 degrés Celsius», affirme-t-il. Les chercheurs en savent déjà beaucoup sur les tiques, mais toutes les questions ne sont pas encore résolues. «Par exemple, il est impossible de déterminer avec certitude si le nombre croissant de nouvelles infections en termes de maladies transmises par les tiques est dû à une plus grande population de tiques ou plutôt au comportement des humains».

Les tiques peuvent même survivre à un gel de courte durée à moins 20 degrés Celsius.

Werner Tischhauser
Prévention 

Se prévenir des piqûres de tiques est simple, il suffit d’observer quelques points essentiels. «Porter des vêtements et des chaussures fermées représente déjà une bonne protection», recommande Werner Tischhauser. Une peau couverte est la meilleure des protections, en particulier lorsque l’on marche dans les sous-bois ou dans les herbes hautes. «Il est recommandé de porter des vêtements longs et des chaussettes montantes. Après une promenade, il est important de contrôler toute la surface de notre corps. Si on en trouve, celles-ci doivent être enlevées le plus rapidement possible sans aucun traitement préalable», poursuit-t-il.

Agir correctement en cas de morsure de tique

En raison de leur petite taille, les tiques peuvent facilement être négligées. Si l’on trouve une tique sur notre corps, il faut agir correctement. «Il est nécessaire de la retirer rapidement et correctement. À cette fin, il faut saisir la tique avec une pincette pointue et bien la retirer mais lentement et, si possible, sans bouger». Finalement, il ne faut pas oublier de désinfecter la zone et, surtout, il faut éviter autant que possible de presser ou d’étouffer la tique!

«Pour enlever les tiques, il ne faut pas utiliser d’huile, de cire, de colle, de dissolvant de vernis à ongles et d’autres substances, alerte l’expert. «Il faut utiliser plutôt une brucelles ou insérer un couteau par derrière sous la tique et couper l’appareil urticant. Le médecin enlèvera les restes ou ils seront évacués comme des corps étrangers par la peau elle-même». La zone de piqûre doit être contrôlée pendant les jours qui suivent l’extraction de la tique.

Plus de la moitié des piqûres de tiques ne sont pas détectées

On pense souvent à tort que les tiques mordent – mais, en fait, elles piquent. Werner Tischhauser explique: «elles aspirent du sang pour absorber des éléments vitaux et de l’énergie afin de pouvoir passer les étapes de leur cycle de vie, passer d’une étape à l’autre ou, comme chez la tique femelle, pour produire 2000 à 3000 œufs. Pour ce faire, les tiques doivent pouvoir s’attacher à leur hôte sans être remarquées pendant deux à dix jours». 

La plupart du temps, on remarque une tique lorsqu’on frotte la peau contre les vêtements ou lorsqu’on prend une douche. Ce qui est inquiétant, c’est que l’on ne détecte pas 50% de toutes les piqûres de tiques en raison de leur stratégie sophistiquée et hautement spécialisée. «L’apparition d’une infection pendant ou après la piqûre dépend de l’agent pathogène et de la durée pendant laquelle la tique peut sucer sans être détectée», explique l’expert.

On ne détecte pas 50% de toutes les piqûres de tiques en raison de leur stratégie sophistiquée et hautement spécialisée. 

Une tique remplie de sang peut atteindre jusqu’à 200 fois son poids corporel.
FSME

La méningo-encéphalite, ou FSME, est l’une des principales maladies transmises par les tiques. «Les virus sont directement transmis par la glande salivaire de la tique», explique Werner Tischhauser. Cela signifie que pour empêcher la transmission du virus, il faut détecter et en retirer rapidement la tique. «Pour se protéger, il existe une vaccination très efficace et très bien tolérée», poursuit l’expert. Il faut compter quatre semaines pour obtenir une immunisation de base avec les deux premières doses sur trois du vaccin. «Il est préférable de faire cela pendant les mois d’hiver, afin d’être prêt pour de nouvelles découvertes dans la nature au printemps», conseille l’expert.

La maladie de Lyme

Les borrélies sont les bactéries à l’origine de la maladie de Lyme. «Chaque année, l’OFSP enregistre entre 12 000 et 18 500 nouvelles infections», souligne Werner Tischhauser. «Les borrélies, ainsi que près de 50 autres microorganismes et agents pathogènes potentiels, se trouvent dans l’estomac de la tique», explique le chercheur.

Lorsqu’une tique commence à se nourrir de sang, elle absorbe par la fosse d’aspiration autant du mélange sang-salive dont elle a besoin pour se sentir rassasiée. Par rapport à un moustique, le processus d’aspiration est beaucoup plus sélectif. Il dure également plus longtemps car la tique libère les parties dont elle n’a pas besoin par l’intermédiaire de l’appareil piqueur pour les renvoyer à l’hôte avec un délai de 12 à 24 heures. «Pendant ce retour de l’animal vers l’hôte, il y a un délai dans la transmission de la bactérie Borrelia. Plus longtemps la tique continue à prendre sa dose de sang et à passer inaperçue, plus le risque qu’une tique infectée transmette la bactérie Borrelia à son hôte est élevé», déclare l’expert.

Prendre rendez-vous chez le médecin est nécessaire

Si l’on remarque et retire la tique le jour de la piqûre, le risque de transmission de la Borrelia ou de la maladie de Lyme est très faible. «C’est pourquoi un contrôle consciencieux et régulier du corps pour détecter les tiques est la mesure préventive la plus importante lorsqu’il s’agit d’éviter la maladie de Lyme», confirme l’expert.

Cependant, seulement 3% de toutes les piqûres de tiques entraînent une maladie de Lyme active. Des symptômes typiques sont des tâches rougeâtres autour de la piqûre (érythème migrant) ou des signaux de type grippal. «S’il y a suspicion de maladie infectieuse après que l’on constate une piqûre de tique, il faut se faire examiner par un médecin», résume l’expert.

Informations complémentaires
  • Application de prévention des sites web «Tick» avec des liens de téléchargement pour iOS et Android: www.zecke-tique-tick.ch
  • Site de la ligue pour les victimes de tiques Suisse LiZ: www.zeckenliga.ch
  • Service de commande de brochures du LiZ: publications du LiZ
  • Tick map Switzerland on map.geo.admin.ch: modèle de morsure de tique BAG
  • ZHAW, Tick Research: www.zhaw.ch/iunr/zecken
  • Informations de voyage sur les maladies transmises par les tiques: www.safetravel.ch

Texte Lars Gabriel Meier

Traduit de l’allemand par Andrea Tarantini

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