Peut-on mesurer le bonheur? Même si le bonheur n’est pas quelque chose de tangible, les chercheurs tentent depuis des années de déterminer ce dont il s’agit et comment il se manifeste chez les gens.

Des décennies de recherche montrent que de nombreuses choses ont une influence sur notre bonheur. Ce dernier ne se limite pas à la propriété et à la richesse. Mais de quoi dépend-t-il alors?

La chimie nous rend heureux

Dans les années 1950, pour la première fois dans l’histoire, un psychologue de l’université de Michigan décrit le phénomène du bonheur. Grâce à des expériences avec des rats de laboratoire, il découvre le centre du plaisir dans le cerveau. Les rats sont capables de stimuler eux-mêmes électriquement cette région du cerveau en appuyant sur un bouton et en continuant à le presser jusqu’à ce qu’ils meurent presque dans une frénésie de bonheur due à la soif, la faim et l’épuisement.

Dopamine et sérotonine

Lorsque nous vivons quelque chose de positif, notre cerveau réagit également de manière positive en libérant de la dopamine, le neurotransmetteur qui commande le système de gratification du cerveau et donc la sensation de bien-être. La sérotonine est un autre neurotransmetteur qui nous influence en stimulant l’humeur. Ces substances nous influencent mais notre style de vie et nos gestes quotidiens ont aussi un impact sur elles. Ainsi, il est possible de les stimuler consciemment. Par exemple, en se fixant des objectifs simples et en les atteignant ou encore en écoutant de la musique il semblerait qu’il soit possible de stimuler la production de dopamine. Quant à la sérotonine, il est possible de la stimuler en pratiquant de l’exercice physique ou en consommant des sources saines de glucides et de fibres comme le quinoa par exemple. 

Une vie sociale et active

Aujourd’hui, nombreux sont les chercheurs qui focalisent leurs recherches sur les facteurs qui peuvent conduire à un sentiment de bonheur dans le cerveau humain. Cependant, la plupart des chercheurs sont déjà d’accord sur certains points. Ils savent tous, par exemple, que le bonheur durable dans la vie réside avant tout dans les relations interpersonnelles. En effet, il semblerait qu’une relation stable avec un ou une partenaire, avec nos amis et notre famille nous rendent heureux à long terme. Des études montrent également que les personnes actives et curieuses sont plus enclines à être heureuses. D’ailleurs, relever de nouveaux défis conduit à une meilleure estime de soi et à une plus grande confiance en soi. Le sport et la méditation aident également le corps à libérer des neurotransmetteurs et suscitent ainsi des sentiments positifs.

Une nourriture saine

On dit que les sucreries, en particulier le chocolat, soignent la mauvaise humeur. Nombreuses sont les théories à propos de ce qu’on appelle «happy food». En général, manger est un des grands plaisirs de la vie et cela nous rend en effet heureux. Cependant, le bonheur, dans ce cas, ne dépend pas des ingrédients que l’on consomme mais plutôt des souvenirs heureux qu’on associe à certains aliments. 

Les personnes qui mangent selon leurs goûts ont tendance à être plus heureux

Le mythe du chocolat peut aussi s’expliquer d’une autre manière. En effet, il se consomme généralement dans des situations particulières – lors d’anniversaires ou comme récompense. Le chocolat acquiert donc une signification émotionnelle et cette habitude s’ancre dans le cerveau. Ainsi, dès que l’on consomme du chocolat, notre système reconnaît qu’il s’agit d’une récompense et libère des substances qui influencent notre état de bien-être. Ce mécanisme peut être déclenché par toutes les personnes qui mangent ce qu’elles aiment. En fin de compte, il n’y a pas de nourriture qui nous rend vraiment heureux. Cependant, ceux qui mangent souvent en fonction de leurs préférences ont tendance à être plus heureux.

Vivre plus heureux dans le Nord

En 2019, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a établi son dernier classement concernant l’état de bonheur de la population de 156 pays. Les critères de l’enquête consistaient, d’une part, en un sondage auprès des citoyens. Dans cette partie de l’enquête est comprise la question de la perception de soi, c’est-à-dire de la perception subjective du bonheur, de la liberté et de l’autodétermination dans la vie. D’autre part, d’autres éléments comme le produit intérieur brut par habitant, l’espérance de vie, la corruption, les conflits sociaux et les normes étatiques sont également examinés.

En 2018, la Finlande était en tête de ce classement, suivie par d’autres pays d’Europe du Nord. Quant à la Suisse, par rapport à 2018, elle est légèrement descendue dans la liste atteignant, en 2019, la sixième place du classement. Des pays comme l’Allemagne et les États-Unis ont également enregistré des résultats moins bons que les précédents. Ils se sont situés respectivement à la 17ème et à la 19ème place. Les dernières places ont été principalement occupées par des pays africains, le Sud-Soudan se situant en bas de la liste, à la 156ème place.

Un État-Providence comme condition préalable au bonheur

Dans le grand Nord, les hivers sont souvent sombres et froids, ce qui peut affecter la vie des gens. En Finlande, un nombre relativement élevé de personnes souffrent de dépression, et le pays connaît également un taux de suicides accru. Néanmoins, en 2019, les Finlandais sont arrivés à la première place du classement de l’ONU pour la deuxième fois consécutive. Les enquêtes menées en Finlande montrent que la population a un niveau de satisfaction de base supérieur à la moyenne.

Qu’est-ce qui mène en tête de classement?

Des revenus élevés, une longue espérance de vie et une bonne éducation permettent aux gens de vivre une vie heureuse. Les Finlandais perçoivent leur pays comme sûr et stable et ont une grande confiance dans les autorités et le système judiciaire. Il est également évident que les gens se soutiennent les uns les autres par le biais d’institutions sociales bien développées. Ce sont tous des critères importants qui influencent les résultats de l’enquête et donc l’attribution des places dans le «World Happiness Report» de l’ONU. 

Texte Dominic Meier

Traduit de l’allemand par Andrea Tarantini

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