Confort, protection, sécurité et économie au service des habitants.

Achèteriez-vous une voiture sans éclairage automatique des phares, régulation du chauffage, fermeture centralisée ou encore indicateur de consommation? Vraisemblablement non, car on attend aujourd’hui confort, protection, sécurité et économie lorsque l’on entre dans une voiture. Et bien, ces attentes sont toutes aussi vraies pour la maison. On aspire à vivre dans un «cocon» toujours plus confortable, sécurisant pour notre famille et économe en ressources. L’automatisation de la maison, aussi appelée domotique, permet d’accéder à cela. Cette technologie existe depuis longtemps. Mais c’est seulement ces dernières années qu’elle se démocratise dans les foyers. Ceci, car les protocoles (langage entre les objets techniques) se standardisent. Chacun devient plus néophile (curieux des choses nouvelles) et connecté en permanence. 

Automates domotiques

Grace à divers capteurs (tel que température, mouvement, humidité ouverture de porte, luminosité, fumée, inondation, consommation énergie…) installés dans l’habitat, l’automate domotique collecte les grandeurs physiques de la maison. Il pilote des actionneurs pour allumer ou éteindre différents appareils de la maison. Par exemple, il peut actionner éclairage, chauffage, volets, amplificateur audio, traitement de piscine, tonte et arrosage du jardin. Suivant les spécificités du bâtiment, il est possible de relier ces capteurs de façon filaire ou sans fil. 

Tout l’intérêt de la domotique réside dans le fait que l’on puisse programmer des scénarios dans l’automate. Ces derniers prennent en compte les informations des capteurs pour ensuite piloter des actionneurs. 

S’adapter aux défis à venir

La maison de demain devra s’adapter aux futurs défis qui se préparent pour les années à venir. Vieillissement de la population, prix de l’énergie plus élevé, raréfaction des ressources naturelles, mais également aux risques sanitaires, tel que celui que nous venons de traverser en 2020. Le confinement a montré que, pour une partie des travailleurs, le télétravail était une réalité. Cependant, il demande à disposer d’un endroit calme, propice au travail, et d’une connexion internet de qualité. Cette période nous a également rappelé l’importance des approvisionnements en nourriture et en eau, et donc de la mise en place de circuits très cours, voire même de productions de quartier.

C’est pour cela qu’une réflexion globale sur les usages, la flexibilité, les évolutions possibles, doit avoir lieu en amont de toute conception ou rénovation de bâtiment, mais également de quartier.

La maison de demain devra s’adapter aux futurs défis qui se préparent pour les années à venir.

Maintien des séniors dans leur habitation

Aujourd’hui un tiers de la population a plus de 65 ans. Ce ratio est en constante évolution. Il atteindra une personne sur deux en 2045 en Suisse (source Office Fédéral de la Statistique 2015). Hors, il est moins couteux pour la famille et la collectivité qu’une personne vive chez elle le plus longtemps possible plutôt que dans un établissement spécialisé. Le maintien à domicile demande cependant d’adapter l’habitat pour faciliter son fonctionnement. Il nécessite aussi des services spécifiques pour les séniors. Grâce à la domotique, les personnes pourront être assistées dans certaines tâches devenues difficiles. L’automatisme pourra également prévenir les risques ou bien encore alerter les proches en cas de problème. 

Acteurs de son énergie

La fin programmée des énergies fossiles et la sortie progressive de l’énergie nucléaire envisagée pour 2034 vont faire monter le prix de l’électricité. Afin de contenir cette augmentation, la domotique a également un rôle à jouer. En affichant en temps réel la consommation du ménage sur un écran mural ou un smartphone, chacun peut prendre conscience des économies réalisables grâce à de petits gestes quotidiens. En étant connecté avec les services météo et le distributeur d’énergie (smartgrid), il est possible d’anticiper les besoins énergétiques du foyer pour les prochains jours et d’acheter l’électricité au meilleur moment. De plus, avec des panneaux solaires et une voiture électrique, les citoyens deviendront acteurs de leur consommation. Actuellement, on parle même de bâtiment capable de produire autant d’énergie qu’il en consomme. C’est ce qu’a mis en avant le concours d’innovation EnergieSprong, avec la présentation de prototype 0 Kwh garantie 30 ans.

Mieux gérer les ressources naturelles

Après 30 années d’une course effrénée à l’hyperconsommation, les ressources naturelles se raréfient et leurs prix deviennent plus élevés. Ceci est vrai pour l’eau et l’alimentation, mais également pour les terres sur lesquelles sont construites les habitations. Là encore, afin de mieux gérer les ressources et leurs recyclages, il est nécessaire d’avoir une réflexion globale et réquisitionner nos fonctionnements actuels. Doit-on concentrer les efforts du logement sur la construction ou plutôt sur la rénovation du parc existant? Doit-on construire chaque bâtiment comment un objet unique ou plutôt envisager une conception modulaire hors site, plus qualitative et économique, qui désengorge les centres villes et offre de meilleurs conditions de travail aux employés. 

Conception smart building

Aujourd’hui, lorsque l’on construit ou rénove un bâtiment ou une maison, la construction doit être prévue pour anticiper les besoins des 50 prochaines années. La domotique est à inclure dès la conception afin de rendre le bâtiment communicant et prêt pour l’avenir. Mais la domotique n’est pas une couche technique supplémentaire ajoutée dans l’édifice. Pour que le bâtiment devienne «intelligent» et «communicant» chaque équipement technique tel que chauffage, éclairage, contrôle d’accès, sécurité doit pouvoir interagir ensemble. 

Il y a là un véritable défi. En effet, il faut passer d’un fonctionnement en silo, dans lequel chaque corps de métier proposait son écosystème propriétaire incluant tous les appareils, accessoires, service de maintenance, à un fonctionnement collaboratif. Dans ce dernier, chaque équipement pourra échanger des données avec le reste du bâtiment grâce à un protocole ouvert. 

Après 30 années d’une course effrénée à l’hyperconsommation, les ressources naturelles se raréfient et leurs prix deviennent plus élevés.

Nouveaux métiers

Cette nouvelle manière de concevoir, construire et exploiter le bâtiment passe par un profond changement des habitudes de travail des acteurs du bâtiment. Pour cela, un groupe de travail de l’association smart-buildings-alliance (SBA) plonge en ce moment sur la définition de ce nouveau métier qu’est l’AMO Smart (assistant à maitrise d’ouvrage pour les usages smart), ses missions et responsabilités. 

Cette même association a mis en place un label nommé R2S (ready to services), délivré par l’organisme international Cerway pour les bâtiments commerciaux et bientôt résidentiels, visant à certifier les lieux réellement «smart», mais également évolutifs dans l’avenir et respectueux des occupants en termes de gestion des données personnelles et prise en compte des besoins des usagers. 

Texte Sébastien Bergin, président de la Fédération Suisse de Domotique, Membre de la Smart Buildings Alliance

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