Les voitures électriques sont-elles vraiment aussi fiables et moins chères que les véhicules équipés d’un moteur à combustion? Ont-elles une longue portée et disposent-elles de suffisamment de points de recharge pour un usage quotidien? Protègent-elles vraiment le climat? Y aura-t-il assez d’électricité à l’avenir? Qui gagnera la bataille de la mobilité?

Au vu des développements industriels, des faits politiques, des découvertes scientifiques et des expériences quotidiennes des automobilistes suisses, les véhicules électriques auraient déjà dû remporter cette bataille. Le nombre de modèles électriques sur le marché est en effet toujours plus important. D’ailleurs, les décisions en faveur de l’électromobilité sont claires à tous les niveaux politiques. Néanmoins, de nombreuses voix s’élèvent qui protestent contre la défaite des voitures équipées d’un moteur à combustion.

Les véhicules électriques au quotidien

Toutefois, plusieurs sont les éléments qui soulignent le pouvoir de l’électromobilité. C’est le cas des progrès réalisés au cours de ces dernières années dans des pays comme la Norvège, de la décision de fixer des dates de sortie de l’ère des moteurs à combustion et des interdictions appliquées dans le monde entier.

Depuis longtemps, on pense que les véhicules électriques conviennent parfaitement à un usage quotidien. C’est pourquoi, ils se sont répandus rapidement dans les activités de nombreux fournisseurs et utilisateurs. Les fournisseurs sont conscients de la longévité des batteries de véhicules électriques. C’est pourquoi, dans la plupart des cas, ils offrent une garantie de huit ans. Bien que la voiture électrique soit souvent rechargée à la maison, elle a besoin de nombreux points de recharge publics pour pouvoir être rechargée en route. On estime qu’il existe un peu moins de 10000 bornes de recharge publiques en Suisse (chacune ayant une capacité différente). Parallèlement, l’autonomie des voitures électriques s’est considérablement accrue ces dernières années. Pour les véhicules de milieu de gamme comme la Nissan Leaf et la Renault Zoé, l’augmentation est de 60 à 80% par rapport à la première génération de véhicules.

Au cours des dix dernières années, la voiture électrique est ainsi devenue une alternative quotidienne et plus économique aux véhicules équipés d’un moteur à combustion. Il est vrai que le prix d’achat d’une voiture électrique est élevé. Cependant, il est compensé dans l’analyse du CTP (coût total incluant la perte de valeur). Grâce à la réduction des coûts d’énergie, d’entretien, de réparation et d’éventuels avantages fiscaux (selon les cantons) ou des primes d’assurance, les voitures électriques s’avèrent en effet moins chères. D’ailleurs, elles sont véritablement moins chères dès qu’elles dépassent les 30000-65000 kilomètres (selon le type de véhicule et son utilisation). Une fois cette tranche dépassée, chaque kilomètre supplémentaire parcouru souligne en effet un avantage intéressant en matière de coût.

Les avantages environnementaux

D’ailleurs, il ne faut pas oublier les avantages environnementaux de la mobilité électrique. Les bilans environnementaux globaux de tous les instituts de recherche environnementale renommés, dont l’EMPA à Dübendorf, démontrent la supériorité des véhicules électriques. Les plus grands avantages de l’électromobilité concernent ses sources d’énergie régénératives, son utilisation pour la production et le transport, et son rendement énergétique. La transformation de l’approvisionne- ment énergétique en énergies renouvelables se fait à l’échelle mondiale. Plus l’énergie utilisée est propre, plus la mobilité est propre. Cela s’applique aussi bien à l’exploitation qu’à la production de piles à forte intensité énergétique. Avec une forte proportion d’électricité verte sur le site de production, le bilan écologique des voitures électriques s’améliorera à l’avenir.

Les critiques adressées aux véhicules électriques

Il ne faut pas oublier que les critiques sont nombreuses. Elles concernent principalement les besoins en matières premières et le recyclage des batteries des voitures électriques. Toutefois, ces critiques ne considèrent pas le fait que la proportion de matières premières nocives pour l’environnement diminue considérablement à chaque nouvelle génération de batteries et que, avant leur recyclage, les batteries lithium-ion sont utiles pendant plusieurs années comme dispositifs de stockage d’énergie (ce qu’on appelle la «seconde vie» ou la «réutilisation») pour les systèmes photovoltaïques, par exemple. Ce type d’utilisation améliore considérablement l’impact environnemental des voitures électriques.

Que faut-il retenir?

En fin de compte, l’argument de la consommation d’énergie excessive n’est qu’un mythe. Il n’est plus suffisant dans la bataille entre véhicules électriques et voitures équipées d’un moteur à combustion. Oui, il est clair que, si à l’avenir nous roulerons tous à l’électricité, la Suisse aura besoin de plus d’électricité. Mais il faut noter que le trafic (avec 36,3%) est actuellement le plus grand consommateur d’énergie en Suisse. Cela est notamment dû à la faible efficacité énergétique des véhicules équipés d’un moteur à combustion. S’il n’y avait que des voitures électriques, des économies d’énergie plus de sept fois supérieures seraient possibles grâce à l’efficacité énergétique.

Face à un monde de plus en plus insécurisé et à un changement climatique qui progresse, nous devons nous permettre le redressement nécessaire en matière d’énergie et de transport. Quand le courage entrepreneurial, la volonté politique et la rationalité écologique collaboreront à cette fin, les véhicules équipés d’un moteur à combustion auront les jours comptés.

Texte Dr. Jörg Beckmann, Directeur de l’Académie de la mobilité et directeur général de Swiss eMobility

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