Durant la saison hivernale, notre organisme doit faire face à diverses agressions. Certaines sont liées à cette période de pandémie de la Covid. Que peut-on faire pour bien prendre soin de soi?

Pendant l’hiver, notre immunité est mise à rude épreuve et nos réserves d’énergie sont mobilisées. Notre peau subit également les effets du froid et de la pollution. Voici donc quelques conseils qui peuvent aider à prendre soin de soi cet hiver.

Booster l’immunité

Mais comment? D’abord avec la vitamine D. Il s’agit d’une hormone synthétisée par la peau sous l’effet du soleil. Mais notre peau en fabrique de moins en moins avec l’âge, c’est dire la nécessité de se supplémenter. Pour cela, encore faut-il que le produit utilisé soit naturel. Les formes synthétiques de cette vitamine prennent en effet la place de la naturelle et n’ont pas les mêmes effets. On choisira donc plutôt des formes de la vitamine D naturelle que l’on trouve par exemple dans l’huile de foie de morue ou de flétan, dans le lichen boréal, ou bien encore sous la forme de vitamine D2 dans certaines levures exposées au soleil.

Ensuite, on peut prendre du sélénium et du zinc car ils font aussi partie des oligo-éléments nécessaires à l’immunité. On choisira plutôt du sélénium sous la forme de levure séléniée, car il est mieux absorbé par l’organisme. Quant au zinc, on peut le trouver sous forme de complément alimentaire associé au krill, une crevette polaire dont la poudre renferme de nombreux acides aminés indispensables à nos cellules.

Aider les défenses naturelles

De nombreux extraits végétaux, tels que l’extrait de pépins de pamplemousse, peuvent aider l’organisme à lutter contre les agents infectieux hivernaux. Il doit être titré à 1200 mg de bioflavonoïdes/100ml pour être pleinement actif sur les germes. On peut recommander également des complexes de plantes anti-infectieuses et fébrifuges autrefois très employées dans des formules anciennes. C’est notamment le cas de l’anis étoilée, le quinquina, la matricaire, la gentiane, l’angélique, l’impératoire, etc. Bien entendu, ces plantes ne remplacent pas les médicaments mais elles en sont un bon complément.

Régénérer les cellules nerveuses et protéger les poumons

Des études récentes ont montré l’intérêt des phospholipides contenus dans la lécithine marine et dans l’huile de krill NKO contre les virus. La lécithine marine est un complexe de molécules qui transportent les acides gras essentiels oméga-3, en les solubilisant dans le plasma sanguin. Les oméga-3 DHA/EPA très fragiles y sont protégés de l’oxydation. C’est sous cette forme qu’ils sont incorporés dans les membranes de toutes nos cellules, et notamment les cellules nerveuses. On les retrouve en grande quantité dans le surfactant des alvéoles pulmonaires – substrat qui permet l’absorption de l’oxygène – et dans les fosses nasales; ils y participent à l’immunité et empêchent les virus de s’y fixer. Ainsi, on a montré chez l’animal que l’apport en phospholipides pouvait réduire l’infection par les virus respiratoires et notamment le Coronavirus.

Conserver un bon moral

En hiver, de nombreuses personnes sont sujettes à la déprime saisonnière liée au manque de lumière. C’est donc un moment propice pour stimuler la pinéale, la glande du moral, du bien-être et du bon sommeil. Dans ce cas, plutôt que d’avoir recours à de la mélatonine, l’hormone de la pinéale – au risque de créer une accoutumance – il vaut mieux utiliser les plantes qui contiennent les précurseurs de cette hormone. On peut citer le griffonia qui, lorsqu’il est bien titré en 5 hydroxy-tryptophane (5 http) peut aider à s’adapter au stress en augmentant le taux de mélatonine naturelle. D’autres plantes comme le ginseng, l’angélique, la rhodiola, l’éleuthérocoque servent également à adapter les surrénales aux sollicitations stressantes hivernales. Enfin, l’huile de krill est également très utile en hiver. C’est en effet un véritable anxiolytique tonique général, qui renforce le bien-être et donc la bonne humeur.

Prendre soin de la peau

Les soins cosmétiques d’hiver doivent permettre de corriger l’assèchement de la peau. Pour cela, on privilégiera des produits naturels biologiques, afin d’éviter les réactions aux molécules chimiques synthétiques qui agressent l’épiderme et favorisent son dessèchement. La peau du visage et des mains souffre en priorité du froid sec. Les mains sont affectées par les gels hydro-alcooliques, et on conseillera notamment l’utilisation d’un baume à base de camomille. Quant au visage, il faut éviter les gels qui assèchent la peau. Il est important de ne jamais garder la peau mouillée pour éviter sa déshydratation par réaction osmotique, et de bien l’hydrater.

Comme nettoyant, on utilisera un liniment à base de saponaire qui aide à démaquiller et à purifier tout en hydratant et apaisant. Le soir, un cold-cream favorisera la protection des couches superficielles de l’épiderme. Ce dernier doit être à base naturelle. C’est notamment le cas d’une cold-cream d’huile de carthame et d’eau de fleur d’oranger, qui sont des actifs très doux et hydratants. La peau s’hydrate aussi par voie interne, et en particulier grâce à des compléments à base de vitamines E végétales, comme le gamma-tocophérol naturel, qui est le tocophérol le plus efficace contre la pollution. On peut le trouver dans des compléments, associé à l’huile d’onagre biologique dont les acides gras essentiels sont bénéfiques à la peau.

Enfin, il ne faut pas négliger l’apport en vitamine A, qui n’est pas toujours couvert par les aliments en hiver. On la trouve dans des compléments à base de carotte et de myrtilles.

Texte Docteur Paul Dupont, dermatologue, ancien chef de clinique de nutrition et attaché des hôpitaux en dermatologie

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