Elle garantit des sensations fortes dans un décor époustouflant à quiconque s’y essaie. Mais que faut-il savoir avant de s’engager sur sa première via ferrata?

Les Suisses se régalent de spécialités linguistiques italiennes: on préfère le raffiné panino au vulgaire hamburger, on s’échange d’innombrables Ciao sur l’ensemble du territoire helvétique et l’on rapporte avec fierté le récit de son périple enivrant sur une via ferrata, plutôt que sur la «voie ferrée» (un peu moins glamour).

Qu’est-ce qu’une Via Ferrata?

Afin de se familiariser avec cette discipline, les novices préféreront donc un itinéraire facile et récréatif pour leur première fois.

La via ferrata désigne un parcours, aménagé au gré des parois montagneuses et constitué d’échelons en fer fixés à même la roche. Pour le plaisir du grimpeur, parfois le parcours est agrémenté de passerelles, ponts de singe et autres tyroliennes vertigineuses. De quoi satisfaire les envies d’aventures et de frissons! À l’origine, les vias ferratas étaient des chemins stratégiques, facilitant les déplacements alpins des militaires italiens. De nos jours, les différentes communes de Suisse et les clubs touristiques ont fait installer nombre de ces cheminements ferrés, à but purement ludique et sportif. C’est une activité gratuite et accessible à toute personne —adulte ou enfant— de plus d’1m50. Les vias ferratas sont classées selon leur niveau de difficulté, du parcours initiatique pour les débutants à l’expédition ardue et réservée aux escaladeurs aguerris.

Afin de se familiariser avec cette discipline, les novices préféreront donc un itinéraire facile et récréatif pour leur première fois. En Suisse, il existe une multitude de parcours ferrés qui répondent à ces critères, notamment la Via Ferrata de Tière, à cheval sur les communes de Champéry et Val-d’Illiez, dans la Région Dents du Midi. Longue de 460m et idéale pour les néophytes, cette via ferrata est aussi enchantée par la musique et le spectacle des cascades du torrent de Tière, ainsi que les passerelles charmantes qui le surplombent à trois reprises durant l’expédition. Toutefois, avant de s’engager sur une via ferrata, plusieurs aspects liés à la sécurité sont à prendre en compte, à commencer par le matériel adéquat et obligatoire.

L’équipement indispensable

On ne se lance pas sur une via ferrata à mains et pieds nus, les cheveux aux vents et avec sa détermination pour seul gage de sécurité. Cette pratique exaltante requiert un équipement spécifique, facilement accessible à l’achat ou en location dans les magasins de sport. Lors du parcours, le grimpeur muni d’un baudrier d’escalade est raccroché au câble de sécurité —la ligne de vie— qui longe chaque via ferrata de bout en bout. Au fil du chemin ferré, on marche, grimpe et/ou gravit les échelons en milieu rocheux, relié à la ligne de vie par deux cordes appelées «longes», extensibles et assurant un amortissement dans le cas éventuel d’une chute. Essentielles à la sécurité du grimpeur, les longes sont ponctuées par deux mousquetons, à accrocher et décrocher en alternance sur la ligne de vie tout au long du voyage.

Dans le sac à dos, l’eau, la collation et un vêtement chaud seront de mise.

Si le matériel donne le vertige au premier abord, pas de panique: les professionnels en magasin prodiguent les conseils d’utilisation et les explications simples. En outre, des guides spécialisés peuvent également accompagner les personnes ou les groupes qui le désirent. Finalement, on nécessite aussi un casque adapté, un pantalon de montagne (plutôt qu’un short qui exposerait les jambes aux possibles éraflures, abrasions et autres petits désagréments), ainsi que des chaussures solides et de bon maintien pour les chevilles. Dans le sac à dos, l’eau, la collation et un vêtement chaud seront de mise. Une paire de gants n’est pas indispensable, toutefois des mitaines pourront favoriser une meilleure prise aux échelons, tout en protégeant les paumes délicates.

Embrasser l’aventure, rester prudent

Flirter avec les parois rocheuses qu’on croyait inaccessibles, évoluer en hauteur dans un paysage à couper le souffle et oublier les soucis du quotidien.

Celui qui s’engage sur une via ferrata est seul responsable de sa sécurité. Afin de profiter pleinement de cette expérience dans les meilleures conditions, il est primordial de ne pas se surestimer et de choisir un itinéraire au niveau de difficulté adapté. Une bonne condition physique ainsi qu’un ciel favorable sont préférables pour cette activité passionnante. Si l’engouement pour les vias ferratas est exponentiel en Suisse, c’est bien en cause du caractère hautement grisant de cette discipline, à mi-chemin entre la randonnée et l’alpinisme. Flirter avec les parois rocheuses qu’on croyait inaccessibles, évoluer en hauteur dans un paysage à couper le souffle et oublier les soucis du quotidien grâce à une saine activité physique sont autant d’avantages offerts par les vias ferratas. Il s’agit aussi d’un moyen original de reconnecter avec la nature, loin des écrans. En ces temps marqués par la pandémie et synonymes de télétravail, l’intérêt général pour les activités en plein air a remis les vias ferratas sur le devant de la scène.

Pour des raisons de sécurité, les spécialistes recommandent de partir à minimum deux personnes sur une via ferrata. Et c’est tant mieux! Plutôt qu’en solitaire, autant profiter à plusieurs de cet infini plaisir, entre pierre et ciel.

Texte Natacha Mbangila

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